Atlanta : la comédie dramatique de cette rentrée

On parle partout de cette nouvelle série américaine qui nous plonge dans l’Amérique contemporaine avec ses problèmes et ses défis. La violence policière, le système judiciaire américain censitaire, les ravages de l’alcool, de la drogue, l’enfermement provoqué par l’échec scolaire, le chômage, la prolifération des armes, le règne des gangs et leur mépris pour la vie, l’influence des réseaux sociaux… Tout y passe ! Atlanta vous plonge dans les stéréotypes sur la communauté noire des quartiers défavorisés face à un système social kafkaïen. Elle joue énormément sur les clichés : le rap comme ascenseur social… Une version amusante du monde de Freda Gatz, jusqu’à ce que le drame nous surprenne.

La richesse de la série se trouve dans les dialogues déments, originaux et brillants. Les personnages sont charismatiques et attachants, même si, une fois de plus, on est dans le cliché. Paper Boy est un criminel qui commence à se faire un nom dans le rap ; c’est un personnage désillusionné : « Tout concerne le fric », et cynique : « Personne n’est sympa sans raison ». Son cousin, Earn Marks, qui est passé par l’université de Princeton, mais n’y a pas décroché de diplôme pour une raison que l’on ignore, est décalé et opportuniste. Ambitieux, ils le sont tous les deux et veulent conquérir le marché de la musique pour s’enrichir. En soi, rien de nouveau, l’originalité de la série n’est pas son synopsis ! L’un manage l’autre et les aventures s’enchaînent, souvent drôles, parfois dramatiques. On passe du rire aux larmes à la vitesse de l’éclair, c’est la particularité de la série ! C’est perturbant et cela donne à réfléchir sur l’instabilité de la vie, son côté imprévisible. Les scénaristes jouent avec nos sentiments en mettant en scène les personnages dans des situations insolites, jusqu’à l’absurde. « La vraie victoire appartient aux choses qui ne conçoivent pas l’échec ; suis le courant comme une branche cassée dans le flot d’une rivière », affirme un passager du bus que prend Earn Marks pour rentrer chez lui, sa fille habillée en princesse dans les bras. L’homme finit par menacer notre héros et disparaître dans les bois.

Parfois, l’atmosphère de la série s’alourdit, tout le monde se méfie de tout le monde et le spectateur ne sait plus vraiment à qui il peut faire confiance. Les personnages sont dépeints dans toute leur complexité, comme dans la scène de la garde à vue.

Atlanta est avant tout une critique du système, où les écoles ne sont pas faites pour que les « gosses réussissent », où la quête quotidienne des protagonistes est d’essayer « tous les jours […] de ne pas mourir ».

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