Ken Loach, un réalisateur subversif ou réaliste ?

  « La capacité à puiser dans ses propres émotions pour les exprimer dans une scène fictive, c’est exactement cela, jouer. » Ken Loach

           Films pas assez rentables, trop politiques… Ken Loach a eu du mal à trouver des financements pour faire ses films. Il est difficile de trouver un cinéaste plus indépendant que lui. Les financiers préfèrent nous gaver de blockbusters et autres navets, subventionnés à hauteur de plusieurs millions de dollars, qui, grâce à des campagnes marketing envahissantes, plus chères que l’œuvre elle-même, finissent par se retrouver devant notre écran.

         Le monde télévisuel qui précède Loach ne représente pas les classes défavorisées. Lui filme l’ordinaire, s’affranchit des tabous… Ses fictions sont tellement réalistes qu’on peut les comparer à des documentaires. La classe populaire est racontée sans voile. Il y a une crise du logement ? Il en dévoile les conséquences sur la vie des gens. Il montre sans concession comment les pauvres survivent dans la société capitaliste. Quelles sont leurs trajectoires, leurs possibilités, peuvent-ils réaliser leurs rêves ? Le réalisme de ses films est saisissant, peut-être encore plus parce que les décors sont naturels et les acteurs, plus vrais que nature, sont non professionnels.

         Le dur labeur des ouvriers, il connaît parfaitement : son père travaillait dans une manufacture, c’était un ouvrier de droite qui croyait fermement que le travail permettrait de s’élever socialement. Il souhaite s’élever et force le petit Ken à travailler dur à l’école, l’autre ascenseur social. Ken Loach rend fiers ses parents quand il va étudier le droit à Oxford où il rencontre les enfants de la classe dirigeante. Cela le pousse à se poser des questions sur la lutte des classes. De là jaillit la source créative qui, au fil des rencontres plus enrichissantes les unes que les autres, lui permet de mettre en lumière le système. Il montre notamment comment les dirigeants syndicalistes trahirent les ouvriers en signant des accords avec l’impitoyable Margareth Thatcher. On le censure pour cause de subversion ! Après tout, peut-être qu’être réaliste, raconter le monde tel qu’il est, c’est être subversif ! Son nouveau bijou à voir au cinéma : Moi, Daniel Blake.

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