La femme parfaite pour Jane Austen

@La Gouvernante, Rebecca Solomon, 1854.

D’une manière ou d’une autre, la timidité n’est que l’effet d’un sentiment d’infériorité. Si je pouvais me convaincre que mes manières sont parfaitement aisées et gracieuses, je ne serais pas intimidé.

                                      Raison et sentiments

 

Après avoir étudié les conséquences d’une éducation négligée sur les jeunes filles voyons les qualités que doivent posséder une femme accomplie pour Jane Austen.

Caroline Bingley, dans le roman Pride and Prejudice, vante les talents de Georgiana Darcy. Elle en profite pour énumérer les arts qu’une jeune fille ayant reçu une éducation parfaite se doit de maîtriser : la musique (« Pour cela, les familles les plus riches essayent de se démarquer en se procurant les services coûteux de maîtres de renom »), le dessin, la danse, les langues étrangères en particulier le français, complétés par « ce je-ne-sais-quoi » dans la démarche et les manières qui distinguent les jeunes filles parfaitement éduquées des autres. À l’époque, il était universellement reconnu que chacun devait recevoir un enseignement en lien avec son rang social, sa fortune et ses relations. Jean-Jacques Rousseau, dans L’Émile (grand succès en Angleterre), dira : « Dans l’ordre social, où toutes les places sont marquées, chacun doit être élevé pour la sienne. » Pour beaucoup de ses contemporains, il semble ridicule qu’une jeune fille de « petite condition » puisse recevoir un enseignement dont elle ne pourra pas se servir. Chez Jane Austen, cette particularité des mentalités de l’époque ne se fait pas ressentir ; mais elle n’est pas non plus « l’avocate d’une instruction plus également dispensée dans la société ». Au milieu du XIXe siècle, les jeunes filles sont éduquées de façon à attirer un prétendant souhaitable. Les jeunes élèves suivent des cours de danse, de musique, de dessin, de français, d’italien afin d’acquérir des armes qui leur permettront de venir à bout de leur objectif. Jane Austen ajoute à ses valeurs celle du goût de la lecture par le biais de mister Darcy. Elle ajoute la volonté de « cultiver son intelligence par de nombreuses lectures » afin de parfaire le portrait de la femme parfaite de miss Bingley.

Au vu de la place que la lecture prend par rapport aux autres savoirs, on peut dire, qu’à l’époque, on se moque des femmes cultivées. Il est acquis de dire qu’elles ne plaisent pas aux hommes. Notre romancière, qui décrit avec beaucoup de précision les mœurs de son époque, fait l’écho de cette idée dans Northanger Abbey. L’instruction ne donne aucun avantage pécuniaire, c’est un talent secondaire et méprisé. Jane Fairfax, dans Emma, ne peut prétendre qu’à un boulot épuisant et ingrat, malgré sa culture et son talent.

Les citations  de Jane Austen

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