Le petit prince à 70 ans

 

Publié à New York en 1943, le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est l’une des œuvres littéraires les plus philosophiques qui soient ! Une critique sans concession de la société planifiée tellement contemporaine, où le pouvoir n’est qu’apparence, la célébrité, vanité… C’est également une critique du capitalisme et la spirale de non-sens qu’il produit.

Notre époque est celle de l’ambivalence. Les mots clés pour la définir sont conformisme, originalité, sclérose, possibilité, individualisme, communauté… Comme si deux mondes qui, en réalité, s’entremêlent, étrangement se faisaient face. Le monde artificiellement défini comme celui des adultes fait face à celui du possible des enfants. C’est la scène du mouton.

 

Il y a aussi une description des relations humaines parfois si complexes, « l’individu roi »  est la cause principale de destruction dans toute société ! La vanité et l’égoïsme de la rose font fuir le Petit Prince.

Saint Exupéry définit ainsi l’amitié : « Apprivoiser, cela signifie créer des liens. […] Tu seras pour moi unique au monde et je serai pour toi unique au monde. […] Ce n’est pas une rose ordinaire, c’est ta rose. C’est le temps que tu as consacré pour elle qui fait ta rose si importante. […] On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. »

Finalement, le film est encore plus critique : il met en lumière tout le drame de l’humanité. « Les hommes de chez toi cultivent des milliers de roses dans le même jardin et ils n’y trouvent pas ce qu’ils cherchent […] et cependant, ce qu’ils cherchent pourrait être trouvé dans une seule rose ou dans un peu d’eau ».

Il donne une solution pour vaincre la solitude, épidémie contemporaine : le renard voit le Petit Prince quand il le cherche avec son cœur ; « si tu arrives à faire cela, tu ne seras plus jamais jamais seul ».

 Ce film célèbre la richesse des relations intergénérationnelles, tel Amadou Hampâté Bâ, qui affirmait : « un vieux qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Doté de la vraie sagesse, celle qui vient de l’expérience, l’ancien transmet à la nouvelle génération son histoire, lui

permettant d’enrichir son univers intérieur fécond. La mère de la petite fille, si caricaturale, est une allégorie de la société qui n’est que contrainte.

Le message du film est aristotélicien : « L’être humain est un animal politique. » Nous avons donc tous été façonnés par une société, ordre d’un monde qui nous enchaîne. La liberté, porte du bonheur, ne peut s’obtenir que par la confrontation de notre propre pensée avec celle de ceux qui vivent dans des univers différents du nôtre. C’est là qu’intervient la littérature, vrai briseur de chaînes, clé qui permet d’accéder au monde des possibles.

Le défaut principal de ce film est le manque de subtilité : vers la fin, la critique anticapitaliste est un peu trop lourde.

Par contre, mention spéciale pour la BO : vous savez que j’aime le jazz !

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