Le pouvoir des lobbies : un monde sous influence

                     Dans un pays où certains agriculteurs vivent avec moins de 500 € par mois, il est temps de se poser des questions sur le rôle des lobbies dans le processus de décision politique et économique. C’est grâce à une fine enquête sur les conséquences des actes de lobbyisme dans l’économie globale des actions des associations et des militants, réalisée par le philosophe Roger Lenglet dans 24 heures sous influence, que nous pouvons nous pencher sur ce phénomène.

Tout d’abord, qu’est-ce que le lobbyisme ? C’est une action menée par un groupe de pression afin d’obtenir un avantage. Dans notre exemple, ce sont les lobbies des industries du secteur agroalimentaire qui, par leurs actions, façonnent les décisions politiques en fabriquant lois et amendements et en s’assurant que le processus de vote et d’application des lois se passe selon leur volonté. Les lobbies au service des industriels achètent donc des hommes politiques, mais aussi des chercheurs, des universitaires… Ils font produire des études biaisées et des sondages truqués, puis soudoient des intellectuels pour faire adhérer le plus grand nombre à leurs objectifs. La limite ? Leur imagination. La conséquence ? La dégradation de notre qualité de vie !

Aux États-Unis, contrairement à l’Union européenne, il existe une loi qui encadre vraiment le lobbyisme. Par exemple, les protagonistes doivent déclarer les sommes qu’ils consacrent à leurs opérations d’influence. Comment s’assurer que les mesures prises sont efficaces ? Légalement, cela semble difficile tant les acteurs sont hétérogènes et l’univers opaque. Seule la visibilité de leurs actions est la solution afin que les citoyens reprennent la main dans le processus de décision politique et mettent à mal les stratégies des lobbyistes. C’est le jeu du chat et de la souris.

Mais, pour être vigilant, encore faut-il avoir l’information ; les médias sont souvent achetés et les lanceurs d’alerte peu protégés. Les lobbies s’ingèrent dans les commissions d’experts des agences publiques avec des dossiers bien ficelés et parfaitement argumentés. Et cela ne va pas s’arranger avec l’utilisation du data qui va permettre de mieux anticiper le processus de consommation des sujets et, ainsi, d’être plus performant en matière de corruption. Il reste donc au consommateur à changer son fusil d’épaule et devenir un véritable conso-acteur ou conso-militant, en restant en alerte, en partageant les informations et en mettant la pression sur les politiques et les industriels, en jouant par exemple sur la concurrence afin de garantir la santé de tous.

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