Lord Byron, un bateau ivre

                 Lord Byron est un excellent exemple de l’existentialisme, courant philosophique qui a tant passionné Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, selon lequel l’homme forme l’essence de sa vie par ses propres actions.

Byron, lui, aura eu plusieurs vies, dont la première en Angleterre. Né pauvre en 1788, George Gordon Byron est le fils d’un ivrogne bagarreur, qui a abandonné sa famille et dilapidé sa fortune alors que l’enfant n’avait que trois ans, et d’une femme de la haute société, despotique et tyrannique. Il hérite, à dix ans, de la fortune d’un de ses oncles qu’il ne pourra toucher qu’à vingt et un ans, l’âge où il entre à la chambre des Lords. Curieux, il voyage en Europe et à Constantinople. À son retour en Angleterre, il publie son premier grand poème, Le pèlerinage de Childe Harold.

L’homme est riche, beau et libre. Il ne respecte aucune règle morale imposée par la société victorienne de l’époque, en particulier en matière de sexualité, et fréquente des hommes comme des femmes. Son mariage avec Annabella Milbanke ne change en rien son mode de vie. Pire, il fait la connaissance de sa demi-sœur paternelle, Augusta, de quatre ans son aînée, mariée au colonel Leigh, un horse-guard de la cour. Augusta a une fille de lui, prénommée Medora, qui portera le nom du mari de sa mère. Finalement, Byron impose à sa femme un mariage à trois dans la maison de Piccadilly quand Augusta quitte son époux ! C’est un enfer pour Annabella avec qui il se montre ultraviolent.

L’écrivain ne sort plus sans arme à feu. À l’image de son père, il passe son temps à se bagarrer et affiche sa sœur et maîtresse dans les dîners mondains. Une existence sulfureuse faite de provocations sociales ! Sa femme prend enfin la décision de le quitter, la presse se défoule contre lui. Byron quitte le Royaume-Uni pour échapper à la prison. C’est le début de sa seconde vie, celle où il devient un révolutionnaire de gauche. Durant son exil, il défend les anarchistes, finance les carbonari et fait du palais de Ravenne un repaire pour révolutionnaires. Il s’élève contre les Habsbourg, les États pontificaux, séduit de nombreuses femmes, défend la Grèce contre l’Empire ottoman et perd la vie, surpris par une fièvre !

Une existence romanesque, délivrée de toute contrainte morale et sociale, qu’on ne lui aura pas volée. Enfin, presque ! Vengeance de femme sur laquelle on évitera de porter un jugement : son épouse Annabella a brûlé son autobiographie !


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