Poldark, saison 2 : l’argent contre le nom

                    L’un est riche, « son influence s’étend partout », mais petit-fils de forgeron. L’autre est pauvre, mais aristocrate. On ne peut pas vraiment faire plus antagonistes ! Ils auraient pu s’allier, mais l’ambition du premier et la fierté du second rendent toute collaboration inenvisageable. De là, est sous-tendue une bataille de pouvoir symbolique. Georges recherche le respect de Ross Poldark, comme un enfant demande l’attention d’un père. Une fois violemment débouté, il tente pathétiquement de tuer ce qu’il ne peut soumettre. Il est étonnant d’ailleurs qu’il ne tente pas de séduire l’épouse de Ross Poldark, mais cela l’aurait ramené à ses origines sociales dont il n’est pas fier. Il jette alors son dévolu sur lady Élisabeth, dont la conquête lui permettrait de faire d’une pierre deux coups : humilier les Poldark et s’extirper encore plus de sa caste sociale.

Son obsession – détruire ce qu’il ne peut pas être – et sa susceptibilité marquent intensément son infériorité sociale. L’enjeu de cette lutte de classe est partiellement explicité par Francis Poldark. Dans une diatribe contre George Warleggan, il affirme : « Vous pouvez montrer vos guinées dans vos habits et calèches luxueux. Vous pouvez acheter un blason. Couvrir vos servantes d’une livrée criarde. Vous pouvez même vous acheter l’entrée de tous les clubs, mines et salons de ce pays. Mais ce que vous ne pourrez jamais acheter est la noblesse ou le savoir-vivre ou bien la décence commune. » Georges aurait pu rire franchement ou avoir pitié de son interlocuteur devant ces paroles si peu en phase avec la réalité, mais il est blessé et devient menaçant. Ce sont les marques de l’échec !

Si Francis Poldark était un personnage phare, quoique mal compris, dans la saison 1, il devient le centre de toutes nos interrogations dans cette saison 2. Torturé, à mi-chemin entre la rectitude et la félonie. Il n’a ni les qualités intrinsèques de son cousin ni le sens des affaires de son « ami ». Mais il lui reste cette apparente noblesse qu’il tente tant bien que mal de mettre à profit. Il multiplie les comportements ambivalents. Et c’est au moment où on est prêt à le déclarer fou qu’il se montre d’une lucidité tout à fait remarquable.

Puis débarque un nouveau personnage tout à fait intéressant, le « trophée » du prétendant au siège de député Unwin Trevaunance :  Caroline Penvenen. Lucide, effrontée, cette jeune héritière pleine d’esprit peut, dans un premier temps, passer pour frivole. Lumineuse, elle est notre coup de cœur de cette deuxième saison.

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