Raphaël Glucksmann pour Notre France

@Raphaël Glucksmann pour Notre France

                  On ne peut pas le nier, la France plonge dans une mélancolie décliniste et réactionnaire à la suite des actes terroristes islamistes qui ont bouleversé le pays ces dernières années. Elle fait face également, comme tous les autres pays, à la globalisation, qu’elle vit très mal, après la prolifération de thèses prenant en otage le pays dans une identité fermée, absolue, pleine d’injonctions.

L’essayiste Raphaël Glucksmann s’indigne et montre, en la racontant, à quel point l’histoire de France n’est pas un fleuve tranquille. Il la présente plutôt comme cosmopolite depuis ses origines. C’est un patriote de gauche et cela fait du bien d’en entendre un tant ils sont rares ou silencieux durant cette période violente et trouble. Pour lui, la France est une idée, un idéal que les humanistes ont renoncé à écrire, laissant les xénophobes en effacer une grande partie ou la mettre à leur service grâce à leur célèbre talent de sophistes. Il met en avant la France en tant que pays multiple, cosmopolite et universaliste qui fait débattre le monde. Pour lui, le mépris pour le sacré, c’est la France, la liberté de conscience absolue, c’est la France.

Il reconnaît bien sûr l’héritage chrétien, mais cite Michel de L’Hospital qui, au XVIe siècle, pose la première pierre de ce qui débouchera sur le fameux principe de laïcité, en déclarant que la politique doit s’élever au-dessus des questions de foi.

Petit bémol : c’est un peu larmoyant. Raphaël Glucksmann est trop dans le pathos, son livre est avant tout une réponse aux thèses de Zemmour. C’est la faiblesse du livre de vouloir convaincre que l’identité française est diverse, comme pour reconnaître la victoire des idées de ceux qui ne la reconnaissent pas comme telle. Finalement, on aurait préféré un texte moins politique, qui ne mélange pas les genres, plus pédant, moins militant, laissant le lecteur tirer lui-même les conclusions plutôt que de lui en imposer, comme quand il critique la mentalité de ses adversaires : « La construction européenne, ce vieux rêve français ? Une menace pour notre identité ! » Car, finalement, on reproche à Zemmour d’utiliser l’histoire de France pour imposer ses idées très contemporaines d’extrême droite. Eh bien on peut faire la même critique à Glucksmann : utiliser l’histoire de France pour imposer ses idées contemporaines d’extrême gauche !

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