Rose Bertin, mère fondatrice de la haute couture ?

 

 Le 2 juillet 1747 naît Marie-Jeanne Bertin, dite Rose Bertin, en Picardie où prospèrent l’industrie textile et la Manufacture royale des Rames fondée par la famille Van Rabais. Elle intègre la partie commerçante de la filière textile et se spécialise dans les coiffes. Elle décide de s’installer à Paris pour poursuivre sa carrière et devenir marchande de modes.

Comme une certaine Madame du Barry, elle débute comme demoiselle de modes dans une boutique, puis elle décroche un emploi dans le magasin parisien le plus célèbre de l’époque, Au Trait galant. Son savoir-faire est récompensé par la patronne, Marie-Catherine Pecqueleur, qui lui confie l’habit de mariage de Louise-Marie Adélaïde de Bourbon Penthièvre. Cet ouvrage lui sert de rampe de lancement. Elle crée alors son enseigne, Le Grand Mogol, dans la fameuse rue Saint-Honoré. L’endroit féerique est un lieu de délices.

Son commerce devient florissant grâce aux nombreuses recommandations de ses clientes. Elle a du personnel salarié fixe et à demeure. Elle travaille avec au moins 734 fournisseurs d’étoffe de soie, d’or, d’argent, d’aigrettes en épi de blé… Mais aussi avec des gaziers, chapeliers, bonnetiers, plumassiers, fleuristes, rubaniers, fourreurs, marchands de blondes (dentelles en soie blanche), de linon, de perle…

À leur tour ces artisans s’approvisionnent auprès de fabricants, petits producteurs ou manufactures de la grande production textile employant une nombreuse main-d’œuvre ouvrière, notamment chez les célèbres canuts de Lyon.

Sa devise : « Il n’y a de nouveau que ce qui est oublié. » Son style : un luxe léger et fantasque qui révolutionne la mode de l’époque. La cour la surnomme « la ministre de la Mode ». Pour l’écrivain et journaliste de l’époque, Louis-Sébastien Mercier, Mlle Bertin a simplifié les codes de l’habillage féminin. « La seule parure des princesses » se compose d’« un chapeau de paille avec un ruban, un mouchoir sur le col, un tablier. »

En effet, mademoiselle Bertin préfère les linons et les mousselines aux étoffes lourdes et brochées. Le confort devient une exigence ! L’âge d’or du chapeau se situe sous son « règne » : chapeau à l’anglaise, cornette à la paysanne ou calèche (capeline de gaze) font fureur. Auparavant, le chapeau, tricorne masculin était réservé à la chasse.

Rose Bertin, en élevant son savoir-faire au niveau artistique, devient pour l’histoire la mère fondatrice de la haute couture, suivie plus tard par les talentueux Worth, Paquin, les sœurs Callot…

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