Classes sociales : les maharadjas

Je vous propose un voyage historique au cœur de l’Inde ancienne, avec, comme guides touristiques, les maîtres du passé qu’étaient les maharadjas.

On note leur naissance sous l’Empire marathe qui succéda à l’Empire mongol au XVIIe siècle. Mais c’est sous l’Empire colonial britannique que les maharadjas vont vivre leur apogée. D’ailleurs, ce sont les Anglais qui les baptiseront de ce nom, « maharadja », qui signifie « grand roi » en sanskrit. Un protectorat passé avec les États princiers permettra aux princes de vivre harmonieusement au côté des colons de la Compagnie anglaise des Indes orientales. En les faisant participer aux événements mondains et en les traitant avec les égards dus à leur rang, l’Empire britannique s’assure ainsi leur fidélité et évite de devoir faire face à des révoltes perpétuelles.

Le Raj britannique, décrété par la reine Victoria en 1858 après la révolte des cipayes (soulèvement populaire en Inde contre la Compagnie anglaise des Indes orientales), est la période la plus faste pour les maharadjas. Le pouvoir est transféré de la Compagnie à la Couronne et, dorénavant, un vice-roi britannique dirige le territoire colonial. La Couronne gâte les maharadjas : des distinctions sont créées pour les honorer (ordre de l’Empire des Indes, ordre de la Couronne des Indes…), ils sont invités aux cérémonies officielles, ils peuvent, en toute liberté et sans pression de la part du colonisateur, collecter les impôts sur leur territoire, ce qui les rend immensément riches. Avec les Britanniques, ils pratiquent la chasse au tigre, disputent des parties de polo, et leur peuple leur est très attaché. La Couronne leur donne même, entre tous ces privilèges, le droit de se faire la guerre entre eux tant qu’ils reconnaissent la suzeraineté du vice-roi britannique, lui-même assujetti à la Couronne britannique.

Mais l’indépendance de 1947 va diminuer considérablement leur pouvoir ! Le dernier vice-roi britannique, Lord Mountbatten, remet le pouvoir au congrès indien représenté par le pandit Nehru et Muhammad Ali Jinnah. Le leader nationaliste Sardar Patel propose aux maharajas d’intégrer la nouvelle république, leur promettant de mettre en place le système des privy purses qui leur assurera le respect de leurs titres, l’intégrité de leurs propriétés et de leur richesse. De plus, ils obtiennent une rente à vie proportionnelle à leur rang. Seul le nizam d’Hyderabad refuse ; il sera alors contraint par le ministre de l’Intérieur du nouveau gouvernement Nehru.

En 1971, nouveau coup dur pour les maharadjas : le gouvernement d’Indira Gandhi décide de supprimer le système des privy purses. De plus, il leur impose un droit de succession de 50 % à la mort de chaque maharadja. Les titres et privilèges royaux sont abandonnés afin de modeler une société où l’égalité serait une valeur fondamentale. Les maharadjas répondent en envoyant leurs enfants étudier dans les meilleures universités occidentales qui leur permirent, tout en respectant leur éducation traditionnelle, de réussir dans le monde des affaires et de la politique. Ils transformèrent leurs propriétés en écoles privées, hôtels, musées… Une évolution sociale et politique qui en dit long sur la capacité humaine d’adaptation !

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