La condition féminine dans Mad Men

@MadMenAMC

             La série Mad Men est terminée.

Lorsqu’il s’agit de dénoncer la condition féminine, Mad Men n’a pas son pareil ! Peggy Olson, Joan Rivers, Betty Draper Francis, Rachel Menken… ont, chacune à leur manière, parfaitement représenté les différents aspects de la condition féminine new-yorkaise des années soixante et soixante-dix.

Si les femmes d’aujourd’hui admirent le style de leurs aînées, elles peuvent surtout leur être reconnaissantes, particulièrement envers celles qui ont lutté pour faire bouger les lignes. S’il nous reste beaucoup de chemin à parcourir avant de jouir d’une stricte égalité entre hommes et femmes, Mad Men nous a permis de constater celui qui a été parcouru. La femme d’avant est soit un objet sexuel soit un joyau mondain, et parfois les deux. Elle n’a pas d’existence propre. Peggy, Joan, Megan, Jane ont toutes commencé leur carrière comme objet sexuel, luttant pour transformer cette condition éphémère soit en carrière professionnelle (Peggy, puis Joan) soit en mariage (Megan, Jane). Betty, Margareth Sterling et Trudy Campbell ont été élevées pour devenir des joyaux mondains que l’on expose lors des dîners. Rachel Menken, malgré son indépendance financière, a le mérite de s’imposer comme femme d’affaires dans cet univers exclusivement masculin, mais manque de contrôle émotionnel quand elle se perd dans une relation adultérine avec Don Draper.

L’environnement culturel dans lequel baignent nos personnages explique le nombre impressionnant de femmes que Don Draper réussit à séduire. À chaque fois, on assiste à un nouveau drame lié au manque d’indépendance financière, psychologique et/ou émotionnelle.

Betty est sûrement l’archétype le plus déroutant : s’ennuyant terriblement dans sa cage dorée, elle est toujours aigrie.

À la fin, Joan décide de s’opposer à ce statut de sexe faible qu’on veut lui imposer, et crée sa propre société de production, en sacrifiant au passage sa dernière relation amoureuse. L’évolution de Joan est la plus spectaculaire : en une vie, elle sera passée par tous les stades, réussissant à obtenir cette existence propre que la société lui refuse.

Sally est notre meilleur espoir ! L’actrice qui joue son rôle, Kiernan Shipka, affirmait au New York Times : « Nous sommes tous les produits de notre environnement ». Après avoir découvert l’univers des adultes de façon prématurée et violente, Sally n’a plus d’illusions sur le monde. Pur produit de son environnement, désabusée et franche, elle fait preuve de maturité tout au long de la série, notamment face à la maladie incurable de sa mère et après la découverte des obsessions de son père, ce qui fait d’elle le meilleur espoir féminin de la série. Betty, sa mère, affirme dans l’avant-dernier épisode savoir désormais que l’indépendance dont la jeune fille fait preuve « est bien » et que « sa vie sera pleine d’aventures ». Les conditions obligatoires d’une vie féminine heureuse !

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