Voltaire complexé ?

 Huit raisons qui font de Voltaire un complexé sans vergogne.

1 – Le présomptueux reniement de son père

Officiellement, François Marie Arouet (Voltaire) est le fils du bourgeois François Arouet, un commerçant, comme l’affirme le registre de la paroisse de Saint-André-des-Arts. Mais Voltaire préfère raconter qu’il est le fils d’un aristocrate issu de la noblesse d’épée, un certain Guérin de Roquebrune, client de son père. Mieux vaut être le fils adultérin d’un aristocrate que le fils légitime d’un bourgeois qui vit de son travail ! Il s’inspirera plus tard de Voltare, héros incestueux d’une tragédie, et utilisera le latin volvere (vouloir) pour se créer un pseudonyme, Voltaire, qui le débarrasse définitivement du patronyme de son père.

2 – Sa misogynie

Voltaire nous prévient : « nous sommes tous pétris de faiblesses et d’erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c’est la première loi de la nature. » Eh bien nous allons pardonner les « sottises » philosophiques de Voltaire à l’égard notamment des femmes ! Il affirme : « à la faiblesse physique et morale du beau sexe [s’ajoutent] son incapacité à créer et [sa] nécessaire soumission à l’homme, son maître. »

3 – Sa jalousie

Lorsque l’Académie française récompense l’abbé du Jarry, Voltaire le décrit comme « l’un de ces poètes de profession qu’on rencontre partout et qu’on ne voudrait voir nulle part. »

4 – Sa fascination pour la haute société

Fasciné par la haute société, Voltaire ? Bien sûr que oui ! Le jeune François Marie Arouet se choisit comme mentor un curé libertin répondant au nom de l’abbé de Châteauneuf qui l’introduit dans la société du temple. Officiellement c’est une société de libres penseurs, en réalité, c’est un groupe libertin composé de ducs et de courtisanes ! Plus tard, au prestigieux collège Louis-le-Grand où il étudiera sept ans, le futur Voltaire ne se lie qu’aux pensionnaires les mieux nés. En exil en Angleterre, il veut s’introduire coûte que coûte dans les cercles de la noblesse anglaise. Le côtoiement des riches et des puissants semble être pour lui une drogue.

5 – Son mépris du peuple

Contrairement à Rousseau qui choisit de dénoncer les mécanismes créateurs de pauvreté, Voltaire, lui, préfère regarder les manants de haut. À madame Denis, sa nièce et maîtresse, le 18 décembre 1752, il écrira : « Je vais me faire, pour mon instruction, un petit dictionnaire à l’usage des rois. » Voici aussi sa vision d’une bonne démocratie : « L’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre, qui fait travailler le grand, est nourri par lui et le gouverne. » (Essai sur les mœurs).

6 – Son ambition sociale

Voltaire est le roi des courtisans. Parmi ses « amis », on compte la comtesse de Rupelmonde, le marquis de Villette, le prince Frédéric de Prusse… Une attitude qui en amusera plus d’un. Le comte Rohan-Chabot l’attaquera à ce sujet : « Monsieur Voltaire… Monsieur Arouet… ? Mais comment vous appelez-vous ? » Réponse de Voltaire : « Mon nom, je le commence. Vous, vous finissez le vôtre ! » Quelques jours plus tard, Voltaire est roué de coups sur l’ordre du comte. Il se plaint à la reine de cette agression. En compensation, il sera enfermé à la Bastille. Sa faute ? Son agresseur était d’une condition sociale supérieure à la sienne.

7 – Ses conseils

Pour Voltaire, « Le mensonge est une très grande vertu quand il fait du bien. » Il conseille à d’Alembert de garder dans tous les cas le sens de l’honneur : « frappez puis cachez votre main. » À monsieur de Cideville, le 28 janvier 1754, il dira : « Ce monde-ci est un vaste naufrage. Sauve qui peut ! » Pour Voltaire, « Le monde appartient aux adroits qui ne s’embarrassent pas de vains scrupules. »

8 – Sa détestation de Rousseau

Voltaire déteste Rousseau ! La querelle est avant tout philosophique : Jean-Jacques Rousseau est sensible à la misère du peuple et dénonce les injustices sociales ; Voltaire, lui, ne se préoccupe pas de l’injustice sociale ni de l’absolutisme monarchique tant que les intellectuels tels que lui sont respectés ! Dans le combat qui les oppose, il est arrivé que Voltaire frappe Jean-Jacques Rousseau en dessous de la ceinture : c’est lui qui révèle au public que ce dernier a abandonné cinq nouveau-nés, ce qu’il accompagne de son jugement moral ! Jamais Voltaire n’expliqua par contre en quoi avoir des relations sexuelles avec sa propre nièce, madame Denis, est moral ! Voltaire a sûrement détesté la société d’ordre de son temps qui l’embastilla plusieurs fois, l’exila, l’humilia (la fameuse bastonnade), le censura… Il admire l’Angleterre, terre de marchands émancipés qu’il décrira dans les Lettres philosophiques, ouvrage dans lequel il critique notamment Shakespeare. Paradoxalement, Voltaire n’a jamais pu se défaire de son travers, ce complexe d’infériorité qui le pousse à rechercher la compagnie des aristocrates, malgré, parfois, les humiliations, afin d’avoir l’illusion de ne plus être ce fils de bourgeois qu’il renie.

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