The Sinner ou de la folie humaine

 

Elle l’a tué ! Sans pouvoir donner la moindre explication. Et nous sommes là, sans réponse. La victime ? Cela aurait pu être n’importe lequel d’entre nous, personne n’est à l’abri d’un coup de folie comme celui-là. Et pourtant, la folie seule n’est pas un argument acceptable pour l’esprit humain, il doit y avoir anguille sous roche, une part de raison dans cet acte irrationnel. Il y a toujours du rationnel dans l’irrationnel, non ?

Voilà la problématique que pose la série The Sinner, peut-être le rôle le plus important de la carrière de Jessica Biel. La série évoque également le poids de l’enfance dans notre développement personnel, surtout les éléments que nous avons enfouis, en particulier si, en apparence, on les a surmontés. Ils reviennent nous hanter sous une forme incontrôlable.

La série pose aussi la question de la normalité. Est-ce que cela existe ? Et qu’est-ce que ça signifie ? Médicalement, bien sûr, on a la définition d’un patient sain, mais humainement ?

En regardant cette fiction, on s’interroge sur les incroyables possibilités du cerveau humain et sur la relation étrange qu’il entretient avec le reste de notre corps, ainsi que sur les addictions et les remarquables liens qu’elles ont avec nos névroses. Doit-on obliger Cora, par le biais d’un procès fastidieux, à fouiller dans son inconscient pour trouver les raisons de son acte, afin d’apaiser notre sentiment d’insécurité ?

La série parle également de l’extrémisme religieux, ici chrétien. Ses rituels, son incapacité à moduler ses règles. On se trouve devant une véritable dictature morale de dérives violentes, sexistes et malsaines.

 

The Deuce : un portrait de la prostitution cruel de vérité

 

Chez Fily’s, nous aimons David Simon que nous avons découvert grâce à son chef-d’œuvre, la série The Wire. Il excelle dans l’exposition de la vérité cruelle en filmant toute la complexité d’un système ! Son art est porté à son paroxysme dans sa nouvelle série distribuée par HBO (Game of Thrones, The Wire, Les sopranos, Westworld…), The Deuce, qui explore l’univers de la prostitution populaire dans le New York des années soixante-dix.

La prostitution y est dépeinte avec toutes ses contradictions, ses similitudes avec l’esclavage et son côté humain. Un documentaire-fiction qui présente un témoignage brûlant de ce que l’on ne veut pas voir, la face la moins reluisante du capitalisme. Ici, pas de tromperie, jamais le sexe n’est sensuel ou romantique ! C’est un commerce des corps féminins. C’est le capitalisme dans ce qu’il a de plus excécrable et de plus sociétal ! Rien ne nous est épargné : le recrutement du produit – la jeune fille –, la mise sur le marché, le fonctionnement de PME, les différents clients et leur psychologie très bien étudiée par nos entrepreneurs en herbe, enfin le vieillissement du produit et les accidents du travail. Des entreprises comme les autres, sauf qu’ici, c’est le capitalisme du vice, la mise à nu d’une économie souterraine qui passe toujours par l’exploitation de la misère humaine. En somme, c’est du capitalisme sauvage !

On passe de nombreuses heures dans la rue, dans des appartements miteux, des bars à l’activité endiablée où toute la société se retrouve. La question du consentement des filles nous turlupine, elle est intimement liée à la présence des macs, qui vivent de la protection et de la menace qu’ils exercent sur ces femmes. On assiste alors à une révolution économique : les petites PME se transforment en industrie du X et commencent à s’exporter. Une seule chose à dire : David Simon est le Zola des temps modernes !

The Handmaid’s Tale : comprendre la gravité du sexisme

 

Si vous désirez comprendre l’esclavage, la dictature, le règne de l’idéologie, si vous souhaitez voir où veut nous mener l’idéologie des extrêmes, il faut regarder la série événement The

Handmaid’s Tale, sûrement la plus parlante de la décennie, comme un avertissement avant le déluge.

Aujourd’hui, nous vivons une drôle d’époque ! Les démagogues extrémistes sont glorifiés et exercent une sorte de fascination sur les peuples, ce qui démontre le malaise qui règne dans nos sociétés et les profondes fractures et faiblesse qu’elles comportent. Les gens ont du mal à être heureux, et ce, qu’ils aient des revenus ou non. Alors, l’idéologie, qu’elle soit politique ou religieuse, fait miroiter tranquillité d’esprit, bonheur et sentiment de faire le bien. Elle fait croire que vous êtes entourés dans un monde où l’individualisme règne en maître et où la solitude gagne de terrain.

Hitler cultivait lui aussi cette utopie, cela a donné Mein Kampf et le nazisme. De nos jours, Daech, le très mal nommé État islamique, diffuse une idéologie dont on connaît les tenants et les aboutissants. Alors, qui est responsable ? Notre indifférence, parce que, par-dessus tout, nous voulons conserver notre tranquillité plus que nos libertés ? Ou notre égoïsme, qui nous rend incapables de penser le bien commun de l’humanité pour nous contenter de nous préserver individuellement ?

Il y a pourtant toujours une leçon à retenir de ces expériences désastreuses. Personne ne peut réussir tout seul dans la vie, on avance avec les autres, que se soit dans un système de respect les uns des autres, c’est-à-dire en pensant au bien commun de tous, en reconnaissant la valeur égale de tout être humain, de l’ensemble de l’humanité, ainsi que de la planète qui nous sert de maison familiale, ou bien dans la violence, les classes sociales, la douleur et le mal.

L’humanité, dans son histoire, a souvent balancé entre les deux solutions. En fait, à chaque moment de sa vie, on doit choisir entre les deux attitudes et, comme toujours, c’est la somme de toutes ces décisions qui détermine le succès ou l’échec du genre humain.

Bravo pour les victoires aux Emmy awards 2017 🙂

House of cards : les dix qualités grâce auxquelles Underwood se maintient au pouvoir

 

Le choix du prochain président des États-Unis est donc à nouveau entre les mains d’une bande d’individus sans scrupules, avides d’argent, lécheurs de bottes, pensant à leur pouvoir personnel avant tout, mais qui peuvent être séduits, mis au pas, ou même forcés par un chantage à la soumission.

1 – Un cynisme inébranlable : en détournant les lois du système, « Je mets à mal les règles démocratiques. »

2 – Une hypocrisie à toute épreuve, une apparence d’intérêt pour la nation et de courage, comme pour dire : « Je n’en est rien à faire des lois et des usages, car il y plus impérieux pour la nation : combattre le terrorisme. »

3 – Du pathos et du spectacle à toutes les sauces. « Je me rends à des funérailles, déclare Franck Underwood, je vais faire une apparition. » « Mettez-le sur l’agenda officiel, que les journalistes aient le temps de se mobiliser », ajoute Claire Underwood.

4 – De l’opportunisme à chaque coin de rue. Après tout, Franck sait qu’il peut compter sur tous ceux pour qui l’intérêt privé est plus important que la nation. De plus, ses adversaires ne le sont souvent que de façade, comme dans une pièce de théâtre. Il y en a beaucoup avec qui on peut discuter ; les autres, on peut toujours les éliminer !

5 – L’habileté comme plus grande qualité. Invoquer l’histoire, citer les hommes du passé, des références qui vont donner un argument d’autorité, de grandeur et de légitimité à son discours et à sa démarche : « Comme Roosevelt a pu le faire ; comme Wilson… » Ce monde est un théâtre où on fait semblant de pleurer et où chacun joue gentiment son rôle.

6 – La stratégie comme religion. « Connaître parfaitement ses adversaires pour mieux les séduire avant de les détruire » ; « Ils confondent contestation et pouvoir. »

7 – Du populisme, sinon rien : répondre aux fantasmes de la population ou les créer… Sophisme, manipulation…

8 – Le sarcasme comme art de vivre : la scène avec le terroriste dans la cage.

9 – L’audace comme qualité suprême.

10 – L’insensibilité comme seule valeur morale.

La conclusion en est que le système démocratique fonctionne sur le papier, mais, dans la vie réelle, il est aussi corruptible que ses citoyens.

House of cards : quand le spectacle de la démocratie américaine donne raison à Platon

Livre 5 de la république ! 

Socrate : Tant que les philosophes ne seront pas rois dans les cités, ou que ceux qu’on appelle aujourd’hui rois et souverains ne seront pas vraiment et sérieusement philosophes ; tant que la puissance politique et la philosophie ne se rencontreront pas dans le même sujet ; tant que les nombreuses natures qui poursuivent actuellement l’un ou ou l’autre de ces buts de façon exclusive ne seront pas mises dans l’impossibilité d’agir ainsi, il n’y aura de cesse, […], aux maux des cités, ni, ce me semble, à ceux du genre humain, […]

Glaucon : Quels sont alors, selon toi, les vrais philosophes ?
Socrate : Ceux qui aiment le spectacle de la vérité, […].

Il n’est pas difficile pour Franck Underwood de se jouer de la démocratie américaine, et cela, parce que la démocratie suppose que les citoyens éclairés se battent pour le bien commun. Dans un monde où l’individualisme est roi, où le machiavélisme est fêté, la compétition sauvage célébrée et où le seul but de l’existence est de devenir celui que l’on célèbrera le plus, il n’est pas surprenant de voir triompher des Franck Underwood et des Donald Trump ! Quoiqu’il y ait une différence majeure : Underwood tire les fils de la marionnette du fameux système, contrairement à Donald Trump qui est l’un des fils de cette marionnette. Le premier est brillant, l’autre, juste bien utilisé.

On se demande à quoi servent réellement, pour quelqu’un comme Underwood, cette quête du pouvoir et cette lutte pour le conserver. Au début, il avait quelque chose à prouver, une revanche à prendre avec la vie qui l’avait placé dans la mauvaise classe sociale. Mais maintenant qu’il a gagné cette lutte des classes, pourquoi continuer à se battre ? Peut-être l’ambition et la politique couvrent-elles le vide existentiel de la vie des Underwood.

C’est vrai, faisons le bilan. Si on leur enlève la politique, que leur reste-t-il ? Ils n’ont pas d’enfants, pas de famille, pas d’amis sincères, leur couple est détruit et rongé par les mauvais souvenirs, leurs idéaux ont été corrompus, tout cela sacrifié au nom de l’ambition. Alors, maintenant, il ne leur reste plus qu’à s’accrocher coûte que coûte à la seule chose qui leur reste : l’illusion du pouvoir, et perdre leur temps avec ce jeu de rôle chronophage.

Aspasie ou le mythe de la femme fatale

Aspasie ou le mythe de la femme fatale
 
 
L’histoire fut écrite en grande partie par les hommes, pour qui la femme, dans toute sa complexité, reste l’un des plus grands et fascinants mystères. À la fois utile, servile, envoûtante, fantasmée, décrite comme une sainte ou une putain… la femme sous la plume masculine entre souvent dans l’Histoire par une porte dérobée.
Dans cet imaginaire, la femme fatale a une place à part. C’est un phénix : à chaque fois qu’elle meurt, la voilà qui renaît de ses cendres, mais sous une forme nouvelle, toujours transgressive. Aspasie de Milet, amante de l’antique Périclès (Ve siècle avant J.-C.) fut l’une de ces femmes et voici ce qu’elle nous dit du mythe.
Dans une Grèce antique patriarcale qui nie à la femme le statut de citoyenne, en ne lui donnant aucun droit juridique, les plus grands auteurs de l’époque (Aristote, Galien et Hippocrate) la présentent comme débile et fragile. Elle sert le plus souvent à la reproduction qui permet la transmission du patrimoine.
Ce ne fut pas tout à fait le cas d’Aspasie, une hétaïre grecque qui dérogea à la règle. Hétaïre, en voilà un joli métier pour qualifier la belle hypocrisie du système patriarcal de la Grèce antique ! Il s’agit d’une femme éduquée, souvent étrangère (une métèque), de haut niveau social, concubine de ces messieurs, indépendante, qui a le droit de gérer les dons qu’elle reçoit de ses amants. Intellectuellement, elle n’a plus rien de fragile ! Mais qui, en recevant une rétribution des hommes, est encore soumise au bon vouloir de ces messieurs.
Que nous dit Aspasie du mythe de la femme fatale ? Elle est indépendante et sûre d’elle, créatrice, séductrice, intelligente et savante, audacieuse, ambitieuse, manipulatrice, lumineuse et c’est la reine du réseautage. C’est à cette dernière qualité que, bien souvent, elle doit sa place dans l’Histoire ! Aspasie, selon Plutarque, « domin[e] les hommes politiques les plus éminents et inspir[e] aux philosophes un intérêt qui n’[est] ni mince ni négligeable ».
Nous devons à la Grèce antique une conception encore bien ancrée dans notre imaginaire collectif, contre laquelle il nous faut encore lutter, qui oppose les femmes légitimes, dont la liberté est réprimée, à la putain, ou la salope, qui n’a aucune sécurité, si ce n’est ses propres talents, mais qui est libre d’en user autant qu’elle le souhaite.
N’est-ce pas ce qui explique la difficulté des femmes instruites à trouver, encore aujourd’hui, « chaussure à leur pied » ? Le message à travers les siècles est clair : seul l’insécurité qui vous oblige toujours a remettre en cause vos acquis peut vous offrir la liberté ! 

Oscar Wilde le critique d’art

#PREMIUM @John Roddam Spencer Stanhope (1829-1908), L’Amour et la jeune fille, 1877.

                                                 De l’amour de la peinture.

D’Oscar Wilde, on connaît les traits d’esprit, la philosophie hédoniste et la vie scandaleuse pour un homme de l’époque victorienne. Eh bien il fut aussi critique d’art ! Même s’il pensait que l’art est sciemment inutile, l’homme avait fait de la critique des œuvres son gagne-pain. D’accord, il y eut beaucoup de stéréotypes dans ces appréciations et ses critiques en disent long sur les mentalités de son époque.

 

William Blake Richmond – Sommeil et mort portant le corps de Sarpedon dans Lycia. De cette oeuvre de Richmond Oscar Wilde dira que c’est une oeuvre « de la plus haute excellence artistique. »

 Electre sur la tombe d’Agamemnon Blake Richmond. Oscar Wilde affirmera sur cette oeuvre : « M. Richmond a bien saisi ce bleu opalin tout particulier du ciel qui est si remarquable en Grèce. De même les orchidées pourpres, les aphodèles et les narcisses que l’on voit au premier plan sont bien les fleurs que j’ai vue moi même à Argos. »

La renaissance de Venus Walter Crane. De ce tableau Oscar Wilde s’extase  » Ce qu’il y a de mieux dans ce tableau c’est un pommier. La saison est le printemps. Les feuilles n’ont point encore paru mais l’arbre est chargé de fleurs roses et blanches qui apparaissent en beau relief contre le bleu pâle du ciel et sont d’un naturel très vrai. »

John Roddam Spencer Stanhope (1829-1908), L’Amour et la jeune fille, 1877. Oscar Wilde s’émerveille: » Tout le tableau est plein de grâce bien bien que la couleur en soit peut-être un peu trop luxuriante et qu’on eu éprouvé du soulagement a voir la jeune fille simplement vêtue de blanc »

Quand Tocqueville conseille Donald Trump

@Théodore Chassériau
“L’histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d’originaux et beaucoup de copies.”
                                                                                         De Alexis de Tocqueville / L’Ancien Régime et la Révolution

          Dans le cadre de la future prise de pouvoir du président américain élu Donald Trump. On se penche sur le destin du Français Alexis de Tocqueville qui par son action contribua à la réussite de la révolution américaine et qui par son observation judicieuse du jeu politique peut donner quelques conseils au nouveau locataire de la maison blanche.

  Alexis de Tocqueville est né à Paris le 29 juillet 1805.  Sa famille paternelle est aristocrate. Ce sont des riches propriétaires terriens normands. Son arrière-grand-père maternel se nomme Melesherbes, le défenseur de Louis XVI devant la convention. Sa famille est donc royaliste et catholique.  Il fréquentera le lycée de Metz, puis choisira de faire des études de droit à Paris de 1823 à 1826. Le droit ne le passionne pas. Il s’intéresse plutôt à l’économie politique et à l’histoire. Le 2 avril 1831, il débarque en Amérique avec son ami, Gustave de Beaumont, où ils restent jusqu’en février 1832.

       Officiellement, ils vont étudier le système pénitentiaire, mais officieusement, ils sont curieux de comprendre comment fonctionne la République américaine. Il conjugue ses notes sur l’Angleterre où il avait voyagé en 1933 avec celles qui seront prises aux États-Unis. Il en fera sa base d’écriture pour son ouvrage De la démocratie en Amérique, dont les deux premiers volumes seront publiés en 1935. Le livre est très bien accueilli par les élites. Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1837 et est élu à l’Académie des sciences morales et politiques en 1838. Il entre aussi de fait à l’Académie française en 1841. Il épouse Mary Mottley, une jeune Anglaise de la bourgeoisie mais sans fortune, qui a neuf ans de plus que lui. Beaucoup de gens dans son entourage considèrent ce mariage comme une mésalliance. Snobisme de l’époque.

               Il publie la seconde partie de son livre en 1840 qui aura moins de succès. Tocqueville se présente aux élections législatives dans la commune de Valognes en Normandie en 1837. Il fera campagne sur des idées progressistes, anti-révolutionnaires et se pose en défenseur des libertés. Il est battu mais ne se décourage pas. Il gagnera les élections le 2 mars 1839. C’est alors un élu de « centre gauche libérale ». Il assiste impuissant à la révolution qu’il contera dans son livre Souvenirs en 1850. Sous la constituante, il est élu au suffrage universel et participe à la commission qui rédige la nouvelle constitution. Après l’avènement de la République et l’élection de Louis Napoléon Bonaparte comme président le 10 décembre 1848, Tocqueville devient ministre des Affaires étrangères. Il ne restera à son poste que cinq mois. En mars 1852, il met fin à sa carrière publique afin de protester contre le despotisme impérial du second empire imposé par Napoléon III. Lui, au fond, avait toujours souhaité établir une monarchie libérale.  Il meurt à Cannes en 1859 victime de la tuberculose.

Voici quelques remarques et conseils que Tocqueville pourrait donner à Donald Trump au sujet du jeu politique.

“En politique, la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés.”  Souvenirs

“Il ne faut pas mépriser l’homme si l’on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts. ” Correspondance

“Il y a plus de lumière et de sagesse dans beaucoup d’hommes réunis que dans un seul.”

“La liberté n’existe pas sans morale, ni la morale sans foi.”

“Les despotes eux-mêmes ne nient pas que la liberté ne soit excellente ; seulement ils ne la veulent que pour eux-mêmes, et ils soutiennent que tous les autres en sont indignes tout à fait.” L’Ancien Régime et la Révolution 

“Dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau.”

Et enfin peut-être la plus importante : “Il n’y a que Dieu qui puisse sans danger être tout-puissant.”

Le New Look habille Paris

#PREMIUM  @Henry Clarke 1952

                 New Look  Dans le sillage de la fin de la première saison de la série The collection revenons sur le style clé de voûte de la fiction le New-Look. Le 12 février 1947 naissait le New Look, créé par Christian Dior. Voici une remise en contexte et analyse d’une silhouette qui allait révolutionner Paris et le monde de la mode.

1. Un peu d’Histoire

« La haute couture est en avance sur son temps et complètement inédite, et c’est elle qui demain, par la façon dont elle sera portée, fera la mode de Paris, la mode du monde », revendiquait Christian Dior, confirmant la position de Paris en tant que capitale de la mode. Un statut que la Ville Lumière doit à Louis XIV qui souhaitait démontrer sa suprématie tant aux niveaux politique et économique que culturel. Admiré par l’Europe puis par le monde entier, Paris s’est ainsi élevé au rang de référent stylistique par excellence.

En 1770, Rose Bertin, que l’on peut aujourd’hui considérer comme l’instigatrice de la haute couture, ouvre sa propre boutique, « Le Grand Mogol », rue du Faubourg Saint-Honoré et s’érige rapidement en maître de la mode à la Cour du roi Louis XVI. Les talents et la créativité de la couturière n’échappent pas à Marie-Antoinette, adepte de l’habillement et du luxe, qui la nomme « Ministre de la Mode ».

Depuis lors, la mode et la haute couture n’ont cessé de prendre de l’ampleur, faisant de Paris l’hôte de créateurs de prestige : Louis Hyppolite Leroy, Charles Frederick Worth, Paul Poiret, Coco Chanel, ou encore Christian Dior.

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