Oscar Wilde le critique d’art

#PREMIUM @John Roddam Spencer Stanhope (1829-1908), L’Amour et la jeune fille, 1877.

                                                 De l’amour de la peinture.

D’Oscar Wilde, on connaît les traits d’esprit, la philosophie hédoniste et la vie scandaleuse pour un homme de l’époque victorienne. Eh bien il fut aussi critique d’art ! Même s’il pensait que l’art est sciemment inutile, l’homme avait fait de la critique des œuvres son gagne-pain. D’accord, il y eut beaucoup de stéréotypes dans ces appréciations et ses critiques en disent long sur les mentalités de son époque.

 

William Blake Richmond – Sommeil et mort portant le corps de Sarpedon dans Lycia. De cette oeuvre de Richmond Oscar Wilde dira que c’est une oeuvre « de la plus haute excellence artistique. »

 Electre sur la tombe d’Agamemnon Blake Richmond. Oscar Wilde affirmera sur cette oeuvre : « M. Richmond a bien saisi ce bleu opalin tout particulier du ciel qui est si remarquable en Grèce. De même les orchidées pourpres, les aphodèles et les narcisses que l’on voit au premier plan sont bien les fleurs que j’ai vue moi même à Argos. »

La renaissance de Venus Walter Crane. De ce tableau Oscar Wilde s’extase  » Ce qu’il y a de mieux dans ce tableau c’est un pommier. La saison est le printemps. Les feuilles n’ont point encore paru mais l’arbre est chargé de fleurs roses et blanches qui apparaissent en beau relief contre le bleu pâle du ciel et sont d’un naturel très vrai. »

John Roddam Spencer Stanhope (1829-1908), L’Amour et la jeune fille, 1877. Oscar Wilde s’émerveille: » Tout le tableau est plein de grâce bien bien que la couleur en soit peut-être un peu trop luxuriante et qu’on eu éprouvé du soulagement a voir la jeune fille simplement vêtue de blanc »

Quand Tocqueville conseille Donald Trump

@Théodore Chassériau
“L’histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d’originaux et beaucoup de copies.”
                                                                                         De Alexis de Tocqueville / L’Ancien Régime et la Révolution

          Dans le cadre de la future prise de pouvoir du président américain élu Donald Trump. On se penche sur le destin du Français Alexis de Tocqueville qui par son action contribua à la réussite de la révolution américaine et qui par son observation judicieuse du jeu politique peut donner quelques conseils au nouveau locataire de la maison blanche.

  Alexis de Tocqueville est né à Paris le 29 juillet 1805.  Sa famille paternelle est aristocrate. Ce sont des riches propriétaires terriens normands. Son arrière-grand-père maternel se nomme Melesherbes, le défenseur de Louis XVI devant la convention. Sa famille est donc royaliste et catholique.  Il fréquentera le lycée de Metz, puis choisira de faire des études de droit à Paris de 1823 à 1826. Le droit ne le passionne pas. Il s’intéresse plutôt à l’économie politique et à l’histoire. Le 2 avril 1831, il débarque en Amérique avec son ami, Gustave de Beaumont, où ils restent jusqu’en février 1832.

       Officiellement, ils vont étudier le système pénitentiaire, mais officieusement, ils sont curieux de comprendre comment fonctionne la République américaine. Il conjugue ses notes sur l’Angleterre où il avait voyagé en 1933 avec celles qui seront prises aux États-Unis. Il en fera sa base d’écriture pour son ouvrage De la démocratie en Amérique, dont les deux premiers volumes seront publiés en 1935. Le livre est très bien accueilli par les élites. Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1837 et est élu à l’Académie des sciences morales et politiques en 1838. Il entre aussi de fait à l’Académie française en 1841. Il épouse Mary Mottley, une jeune Anglaise de la bourgeoisie mais sans fortune, qui a neuf ans de plus que lui. Beaucoup de gens dans son entourage considèrent ce mariage comme une mésalliance. Snobisme de l’époque.

               Il publie la seconde partie de son livre en 1840 qui aura moins de succès. Tocqueville se présente aux élections législatives dans la commune de Valognes en Normandie en 1837. Il fera campagne sur des idées progressistes, anti-révolutionnaires et se pose en défenseur des libertés. Il est battu mais ne se décourage pas. Il gagnera les élections le 2 mars 1839. C’est alors un élu de « centre gauche libérale ». Il assiste impuissant à la révolution qu’il contera dans son livre Souvenirs en 1850. Sous la constituante, il est élu au suffrage universel et participe à la commission qui rédige la nouvelle constitution. Après l’avènement de la République et l’élection de Louis Napoléon Bonaparte comme président le 10 décembre 1848, Tocqueville devient ministre des Affaires étrangères. Il ne restera à son poste que cinq mois. En mars 1852, il met fin à sa carrière publique afin de protester contre le despotisme impérial du second empire imposé par Napoléon III. Lui, au fond, avait toujours souhaité établir une monarchie libérale.  Il meurt à Cannes en 1859 victime de la tuberculose.

Voici quelques remarques et conseils que Tocqueville pourrait donner à Donald Trump au sujet du jeu politique.

“En politique, la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés.”  Souvenirs

“Il ne faut pas mépriser l’homme si l’on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts. ” Correspondance

“Il y a plus de lumière et de sagesse dans beaucoup d’hommes réunis que dans un seul.”

“La liberté n’existe pas sans morale, ni la morale sans foi.”

“Les despotes eux-mêmes ne nient pas que la liberté ne soit excellente ; seulement ils ne la veulent que pour eux-mêmes, et ils soutiennent que tous les autres en sont indignes tout à fait.” L’Ancien Régime et la Révolution 

“Dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau.”

Et enfin peut-être la plus importante : “Il n’y a que Dieu qui puisse sans danger être tout-puissant.”

Joyeux anniversaire… Karl Marx

 

« Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être, c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience. »

                                      Préface à la Critique de l’économie politique, Karl Marx

 Aujourd’hui c’est l’anniversaire du célèbre économiste Karl Heinrich Marx né le 5 mai 1818 à Trèves (Allemagne) et décédé le 14 mars 1883 à Londres (Royaume-Uni).

 Marx est issu d’une famille juive aisée et lettrée de Rhénanie. Son père, avocat de profession, souhaite qu’il embrasse le même destin professionnel que lui. Pour ce faire, après que le jeune homme eut fait de brillantes études secondaires qui l’ont doté d’une solide formation classique, il envoie Karl étudier le droit à Bonn. Ce dernier ne se passionne pas pour les études de droit et commence à s’intéresser à la philosophie surtout hégélienne sous l’influence des frères Bauer. À l’époque, il se consacre à la poésie et souhaite devenir un auteur dramatique célèbre. Il finit par se détourner complètement du droit et envisage de devenir professeur de philosophie. En 1841, il rédige sa thèse de doctorat, Différence de la philosophie de la nature chez démocrite et Épicure, avec laquelle il obtiendra son titre de docteur. Il n’enseignera pas, car l’université est prise en main par les autorités prussiennes qui lui reprochent d’être trop libéral.

Marx devient alors rédacteur en chef de La Gazette Rhénane en 1842. Il y écrit de nombreux articles qui touchent autant au droit, à l’économie, aux formes institutionnelles. Sa liberté de ton offense les autorités gouvernementales qui le lui font savoir. Cela ne l’empêche pas de rentrer en contact avec des révolutionnaires communistes et d’avoir comme livre de chevet les doctrines de Proudhon et Fourier, socialistes français, qui auront une influence sur l’orientation de sa pensée « politico-sociale ».

En 1843, il épouse une jeune aristocrate, Jenny Von Westphalen, qui était son amie d’enfance. Le gouvernement prussien opprime l’opposition de gauche. Marx doit s’exiler pour la première fois. Il choisit Paris. Il y fréquente des groupes révolutionnaires ouvriers cosmopolites et des organisations secrètes, telles que la Ligue des Justes qui souhaite renverser la société bourgeoise. Dans ces réunions, on y discute les thèses de Fourier et de Saint Simon et on souhaite trouver un nouveau modèle de gouvernement. Marx fait la connaissance de Pierre-Joseph Proudhon avec qui il aura de profondes discussions, notamment sur la propriété que le philosophe français qualifiera de « vol ».

 Marx participe à la création d’un journal, Les annales franco-allemandes, qui ne publiera qu’un seul numéro en 1844. Il s’intéresse de plus en plus à la bourgeoisie. Dans un texte qui ne sera publié qu’en 1932, Les Manuscrits parisiens économie et philosophie, Marx s’interroge sur les doctrines des auteurs classiques tels qu’Adam Smith ou Malthus. Il imagine le renversement des institutions bourgeoises et donne une réelle importance aux rapports d’argent dans les relations sociales et dans la transformation possible du monde.

Il rencontre Engels, fils d’un industriel allemand qui vit en Angleterre. Ce dernier, gérant une entreprise, incite Marx à s’interroger sur les problématiques économiques liées à l’exploitation du travail ou à la situation de la classe ouvrière.

 Marx continue à se pencher sur le destin de l’humanité. Il se pose de nombreuses questions sur l’existence d’une évolution historique. Ces pensées le mènent à rédiger de nombreux textes, tels que les thèses de Feuerbach qui traitent de l’action révolutionnaire ou encore L’idéologie Allemande (1845-1846), texte majeur du philosophe oùil développe particulièrement ses doctrines sur les liens qui unissent l’histoire de la pensée humaine et l’histoire factuelle.

Marx devient célèbre. De nombreux journaux socialistes lui proposent de rédiger des articles. C’est à cette époque qu’il rédige Travail salarié et capital qui est l’embryon de sa notion de plus-value. Marx n’est pas seulement un journaliste de talent, c’est aussi un révolutionnaire. Il adhère à des ligues communistes et crée une Association Culturelle des Travailleurs Allemands afin de partager des connaissances par la voie des conférences et débats. La société bourgeoise n’arrive pas à faire face aux criseséconomiques endémiques. À Paris, il y a des révoltes révolutionnaires presque tous les deux ans (entre 1830-1871). Marx trouve toutes ces révoltes mal organisées. Il rédige, avec la collaboration d’Engels, Le Manifeste du parti communiste (1848), à la demande de la Ligue des Communistes, ce qui lui permet d’acquérir une réelle notoriété dans le monde intellectuel révolutionnaire dans toute l’Europe. En 1848, c’est la grande révolte. Cette fois, Karl Marx, qui se trouve à Bruxelles, est au cœur des combats. La fièvre retombe. Marx est expulsé de Belgique. Il retourne en France, qui est alors dirigée par un gouvernement révolutionnaire. Après un séjour de courte durée en Allemagne où la révolution est réprimée très durement, Marx est de nouveau expulsé d’Allemagne. En France, le gouvernement révolutionnaire est renversé. Marx ne peut rester à Paris. Il va se réfugier à Londres en 1849.

 Londres, à l’époque, accueillait de nombreux réfugiés politiques venus de toute l’Europe. Marx est bientôt rejoint par toute sa famille. Ils vivent, comme la grande majorité des réfugiés, dans une très grande pauvreté malgré les aides financières que leur apporte Engels.

Le sociologue trouve tout de suite un grand intérêt au Royaume-Uni, qu’il considère comme le plus grand pays capitaliste. Marx pense que larévolution socialiste commencera ici à Londres et il veut être aux premières loges. La révolution industrielle change le monde. Marx met sur papier l’état de ses observations. Dans Les luttes des classes en France (1850), il affirme que la classe sociale est un sujet actif de l’histoire. Il commence à écrire son œuvre la plus célèbre, Le Capital.

Sa vie à Londres est plutôt calme en dehors des privations qui résultent de l’état de pauvreté dans lequel lui et sa famille se trouvent. Le politologue passe le plus clair de son temps à étudier, écrire ou s’occuper de sa famille.

Il reprend son travail de journaliste et devient le collaborateur régulier du New York Tribune. Marx souhaite un moment émigrer vers les États-Unis dans le but d’y fonder un journal allemand (il y a de nombreux émigrés allemands aux États-Unis d’Amérique) et d’échapper aussi à la pauvreté qui décime sa famille.

Il est amené à abandonner son projet. Sa santé est de plus enplus préoccupante. Son fils, Guido, meurt, mais il continue de travailler. Il publie en 1852 Le dix-huit brumaire de Louis Bonaparte où il explique que les luttes ouvrières ont été détruites par une alliance entre la petite bourgeoisie et la paysannerie. Il en profite pour expliciter le terme de classe et la notion de lutte des classes. Marx a de plus en plus de mal à trouver du travail en tant que journaliste, et c’est grâce à l’héritage reçu par sa femme et l’aide d’Engels que la famille survit.

En 1864, après le décès de son ami Lasalle, Marx prend la direction de l’Association internationale des travailleurs (AIT) qui est créée à Londres. C’est la première internationale. Elle est hétérogène et comporte des syndicalistes britanniques, des ouvriers proudhoniens français, etc. Le problème le plus évident résidait dans le manque de cohérence et d’unité idéologique. Marx a pensé au début que cette « diversité » serait un avantage, mais il dut rapidement se rendre à l’évidence que cela rendait l’association inefficace. Les grèves se développent dans toute l’Europe, l’association devient un parti révolutionnaire de masse.

On débat au sein de l’AIT pour savoir si les ouvriers doivent participer aux élections à l’intérieur des systèmes politiques. Marx y est favorable, même s’il reste sceptique sur la réussite d’une telle entreprise. Il voit surtoutles élections comme un moyen de faire circuler les idées révolutionnaires. L’association compte de plus en plus de membres dans toutel’Europe. Parallèlement, la discorde au sein de l’association se développe. Michel Bakounine, qui était un homme de terrain contrairement à Marx qui restait un intellectuel, gagnait en popularité auprès de ses camarades. Il tenta de faire transférer le siège de l’association de Londres à Genève afin de limiter l’influence de Marx sur les décisions à prendre.

Rapidement, il y a une séparation interne entre « marxistes » et « bakouninistes ». Les derniers ne souhaitaient pas participer aux élections de peur que cela retourne les ouvriers de leur véritable objectif : renverser le système politico-social bourgeois.

Marx est de plus en plus obsédé par l’aspect économique de la politique. En 1867, il publie le livre premier du Capital en allemand.

La guerre éclate entre la France et L’Allemagne. L’armée française capitule et plusieurs villes se mettent en communes telles que : Paris, Lyon ou Bakounine proclame l’abolition de l’État et Marseille. Marx s’intéresse lui aux communards de la ville de Paris dont il loue l’esprit de résistance. En 1871, il rédige des adresses et notamment La guerre civile en France afin de mobiliser les forces révolutionnaires un peu réticentes à aider un mouvement qu’elles jugent voué à l’échec. La défaite de la commune de Paris diminue sensiblement l’optimisme de Marx, l’international perd de son influence. En septembre 1872 se déroule le dernier congrès de l’AIT dans une ambiance négative. Le mouvement, de plus en plus stérile, voit son siège être transféré de Londres à New York où il n’est plus que l’ombre de lui-même.

 En 1874, Karl Marx essaye de demander la nationalité britannique qui lui est refusée. Il commence à correspondre avec des camarades russes, mais il pense que la révolution socialiste ne peut pas se développer en Russie, car dans ce pays, la conscience sociale n’est pas assez affermie.

C’est au moment où il se met en retrait de la vie politique que ses idées deviennent des références théoriques. Ces livres commencent enfin à se vendre. Mais le philosophe se méfie des gens qui, de plus en plus nombreux, se réclament de lui. Il déclare à son gendre Paul Lafargue : « Ce qu’il y a de certain, c’est que moi je ne suis pas marxiste. » Marx s’insurge quand on le qualifie d’économiste et affirme qu’il n’existe pas d’économie socialiste, car l’économie est une science fausse et bourgeoise vouée à disparaître avec l’organisation politique bourgeoise. Il meurt à la suite de sa femme (1881), la même année que sa fille Jenny, en 1883, à Londres, il est enterré au cimetière de Highgate.

 Voici d’autres citations de Karl Marx sur Tumbrl 

  La série The Wire exprime bien les principes de Marx  

Découvrez certaines citations de Marx en cliquant ci-dessous !

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Roman: La vérité sur l’affaire Harry Quebert

          Roman policier ou roman psychologique ?À vrai dire ? Un peu des deux ! L’enquête policière est menée par un écrivain en mal d’écriture face à une affaire criminelle mystérieuse. En 1975, Nola, 15 ans, disparaît ; en 2008, on retrouve son corps dans le jardin du célèbre écrivain Harry Quebert. Celui-ci est arrêté. Son protégé, écrivain à succès ayant quelques problèmes pour écrire un nouveau roman, se fait le devoir de disculper son mentor. Rapidement, le roman policier et le roman psychologique se superposent. On découvre, dans la petite ville, Aurora, des personnages complexes. Tous potentiellement coupables !

                             On assiste à la création de l’œuvre de l’écrivain : »Le premier chapitre Marcus, est essentiel. Si les lecteurs ne l’aiment pas ils ne liront pas le reste du livre. » On constate le revers de la réussite : »je compris que la gloire était éphémère. Elle était une gorgone affamée et ceux qui ne la nourrissaient pas se voyaient rapidement remplacés » et le fonctionnement du marché littéraire:« le monde des livres était passé du noble art de l’imprimerie à la folie capitaliste du XXIe siècle, que désormais un livre devait être écrit pour être vendu, que pour vendre un livre il fallait qu’on en parle, et que pour qu’on en parle il fallait s’approprier un espace qui, si on ne le prenait pas soi-même par la force, serait pris par les autres. Manger ou être mangé. » 

                            Mais, surtout, on entrevoit l’étrange système judiciaire des États-Unis:« C’est la beauté du droit en Amérique, Goldman : lorsqu’il n’y a pas de loi, vous l’inventez. Et si on ose vous chercher des poux, vous allez jusqu’à la Cour suprême qui vous donne raison et publie un arrêt à votre nom : Goldman contre État du New Hampshire. Savez-vous pourquoi on doit vous lire vos droits quand on vous arrête dans ce pays ? Parce que dans les années 1960, un certain Ernesto Miranda a été condamné pour viol sur la base de ses propres aveux. Eh bien, figurez-vous que son avocat a décrété que c’était injuste parce que ce brave Miranda n’était pas allé bien longtemps à l’école et qu’il ne savait pas que le Bill of Rights l’autorisait à ne rien avouer. L’avocat en question a fait tout un foin, saisi la Cour suprême et tout le tralala, et figurez-vous qu’il gagne, ce con ! Aveux invalidés, arrêt Miranda contre État de l’Arizona célèbre, et désormais le flic qui vous coffre doit ânonner : « Vous avez le droit de garder le silence et le droit à un avocat, et si vous n’avez pas les moyens, un avocat vous sera commis d’office. » Bref, ce bla-bla idiot qu’on entend tout le temps au cinéma, on le doit à l’ami Ernesto ! Moralité, la justice en Amérique, Goldman, c’est un travail d’équipe : tout le monde peut y participer. Donc prenez possession de cet endroit, rien ne vous en empêche, et si la police a le culot de venir vous enquiquiner, dites qu’il y a un vide juridique, mentionnez la Cour suprême et puis menacez-les aussi de dommages et intérêts colossaux. Ça effraie toujours. « 

                             Le roman tourne autour d’une question existentielle : qu’est-ce qui anime l’humanité ? Cette humanité au coeur de l’oeuvre d’écriture !  Même si on a trouvé le style de certaines scènes  un peu lourdes, on a aimé ce roman ! On vous conseille de le lire !

 

 

Découvrez ici  les meilleures citations du livre  

Roman: Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

BBC

                     Défis d’un monde moderne

En ce 10 mai 2015, nous commémorons l’abolition de l’esclavage. Cette date correspondant à l’adoption par le Parlement, le 10 mai 2001, de la loi Taubira reconnaissant notamment la traite négrière transatlantique. Aujourd’hui, en Occident du moins, l’esclavage semble avoir disparu, mais son fils, le racisme, lui, a bien survécu.

Sur le sujet, je vous recommande vivement la lecture d’Americanah, le magnifique roman de Chimamanda Ngozi Adichie, traduit par Anne Damour et édité chez Gallimard, qui décrit très bien le monde moderne et globalisé dans lequel nous vivons. Il met en lumière les problèmes de racisme, de sexisme, d’identité et d’accomplissement personnel au centre des préoccupations des hommes du XXIe siècle. Ce roman explore aussi les conditions de l’expatrié moderne à l’heure du numérique. C’est l’histoire de jeunes Nigerians : Obinze, un entrepreneur ambitieux, et Ifemelu, son amour d’enfance, qui quitte le Nigeria pour étudier en Amérique et deviendra une blogueuse influente en contant la vie des Afro-Américains sur Internet.

Ifemelu ressemble à Chimamanda, l’auteur du roman qui est née en 1977 à Enugu dans le sud du Nigeria. Fille d’un professeur de statistique à l’université, elle décide, comme l’héroïne de son roman, de quitter le Nigeria pour poursuivre des études aux États-Unis. Chimamanda racontera le choc que ce changement d’environnement provoqua dans sa vie : « Quand on vient d’Afrique de l’Ouest, où la question de la race ne se pose pas en termes d’identité, c’est vraiment terrible d’arriver aux États-Unis et de découvrir du jour au lendemain que vous êtes noire. Il vous faut donc repenser non seulement qui vous êtes, mais aussi quelles interactions vous allez pouvoir désormais entretenir avec le monde qui vous entoure. » Pourtant, son expérience montre bien les deux faces de la question raciale aux États-Unis. Elle représente l’american dream, avec un diplôme de communication et de science politique obtenu avec les honneurs, suivi par la publication de ses poèmes puis de son premier roman, L’Hibiscus pourpre, sur le thème du Nigeria postcolonial. Son second roman, L’Autre Moitié du soleil, un succès international, parle de la guerre du Biafra (pendant laquelle son grand-père a disparu dans un camp de réfugiés) et a été adapté au cinéma en 2014.

Tout cela contraste avec l’actualité à Baltimore qui nous rappelle à quel point racisme et classe sociale sont intimement liés. Cela ne veut pas dire que tout a été facile pour Chimamanda, bien au contraire ! En 2012, à Londres, elle donne une conférence intitulée « Nous sommes tous des féministes » où elle évoque son combat féministe, sa lutte contre les stéréotypes de genre et de race. Beyonce reprendra dans son tube Flawless quelques extraits de ce discours, aidant ainsi à diffuser ses idées. Brad Pitt, producteur du film de Steve McQueen, Douze ans d’esclavage, vient d’acheter les droits d’Americanah. Il semblerait que le rôle d’Ifemelu reviendrait à la talentueuse actrice « oscarisée » Lupita Nyong’o. Elle sera pertinente dans le rôle de cette jeune femme d’une infinie richesse, visage de cette jeunesse moderne et mondialisée en mal de repères culturels et pleine de doutes !

 

Voltaire complexé ?

 Huit raisons qui font de Voltaire un complexé sans vergogne.

1 – Le présomptueux reniement de son père

Officiellement, François Marie Arouet (Voltaire) est le fils du bourgeois François Arouet, un commerçant, comme l’affirme le registre de la paroisse de Saint-André-des-Arts. Mais Voltaire préfère raconter qu’il est le fils d’un aristocrate issu de la noblesse d’épée, un certain Guérin de Roquebrune, client de son père. Mieux vaut être le fils adultérin d’un aristocrate que le fils légitime d’un bourgeois qui vit de son travail ! Il s’inspirera plus tard de Voltare, héros incestueux d’une tragédie, et utilisera le latin volvere (vouloir) pour se créer un pseudonyme, Voltaire, qui le débarrasse définitivement du patronyme de son père.

2 – Sa misogynie

Voltaire nous prévient : « nous sommes tous pétris de faiblesses et d’erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c’est la première loi de la nature. » Eh bien nous allons pardonner les « sottises » philosophiques de Voltaire à l’égard notamment des femmes ! Il affirme : « à la faiblesse physique et morale du beau sexe [s’ajoutent] son incapacité à créer et [sa] nécessaire soumission à l’homme, son maître. »

3 – Sa jalousie

Lorsque l’Académie française récompense l’abbé du Jarry, Voltaire le décrit comme « l’un de ces poètes de profession qu’on rencontre partout et qu’on ne voudrait voir nulle part. »

4 – Sa fascination pour la haute société

Fasciné par la haute société, Voltaire ? Bien sûr que oui ! Le jeune François Marie Arouet se choisit comme mentor un curé libertin répondant au nom de l’abbé de Châteauneuf qui l’introduit dans la société du temple. Officiellement c’est une société de libres penseurs, en réalité, c’est un groupe libertin composé de ducs et de courtisanes ! Plus tard, au prestigieux collège Louis-le-Grand où il étudiera sept ans, le futur Voltaire ne se lie qu’aux pensionnaires les mieux nés. En exil en Angleterre, il veut s’introduire coûte que coûte dans les cercles de la noblesse anglaise. Le côtoiement des riches et des puissants semble être pour lui une drogue.

5 – Son mépris du peuple

Contrairement à Rousseau qui choisit de dénoncer les mécanismes créateurs de pauvreté, Voltaire, lui, préfère regarder les manants de haut. À madame Denis, sa nièce et maîtresse, le 18 décembre 1752, il écrira : « Je vais me faire, pour mon instruction, un petit dictionnaire à l’usage des rois. » Voici aussi sa vision d’une bonne démocratie : « L’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre, qui fait travailler le grand, est nourri par lui et le gouverne. » (Essai sur les mœurs).

6 – Son ambition sociale

Voltaire est le roi des courtisans. Parmi ses « amis », on compte la comtesse de Rupelmonde, le marquis de Villette, le prince Frédéric de Prusse… Une attitude qui en amusera plus d’un. Le comte Rohan-Chabot l’attaquera à ce sujet : « Monsieur Voltaire… Monsieur Arouet… ? Mais comment vous appelez-vous ? » Réponse de Voltaire : « Mon nom, je le commence. Vous, vous finissez le vôtre ! » Quelques jours plus tard, Voltaire est roué de coups sur l’ordre du comte. Il se plaint à la reine de cette agression. En compensation, il sera enfermé à la Bastille. Sa faute ? Son agresseur était d’une condition sociale supérieure à la sienne.

7 – Ses conseils

Pour Voltaire, « Le mensonge est une très grande vertu quand il fait du bien. » Il conseille à d’Alembert de garder dans tous les cas le sens de l’honneur : « frappez puis cachez votre main. » À monsieur de Cideville, le 28 janvier 1754, il dira : « Ce monde-ci est un vaste naufrage. Sauve qui peut ! » Pour Voltaire, « Le monde appartient aux adroits qui ne s’embarrassent pas de vains scrupules. »

8 – Sa détestation de Rousseau

Voltaire déteste Rousseau ! La querelle est avant tout philosophique : Jean-Jacques Rousseau est sensible à la misère du peuple et dénonce les injustices sociales ; Voltaire, lui, ne se préoccupe pas de l’injustice sociale ni de l’absolutisme monarchique tant que les intellectuels tels que lui sont respectés ! Dans le combat qui les oppose, il est arrivé que Voltaire frappe Jean-Jacques Rousseau en dessous de la ceinture : c’est lui qui révèle au public que ce dernier a abandonné cinq nouveau-nés, ce qu’il accompagne de son jugement moral ! Jamais Voltaire n’expliqua par contre en quoi avoir des relations sexuelles avec sa propre nièce, madame Denis, est moral ! Voltaire a sûrement détesté la société d’ordre de son temps qui l’embastilla plusieurs fois, l’exila, l’humilia (la fameuse bastonnade), le censura… Il admire l’Angleterre, terre de marchands émancipés qu’il décrira dans les Lettres philosophiques, ouvrage dans lequel il critique notamment Shakespeare. Paradoxalement, Voltaire n’a jamais pu se défaire de son travers, ce complexe d’infériorité qui le pousse à rechercher la compagnie des aristocrates, malgré, parfois, les humiliations, afin d’avoir l’illusion de ne plus être ce fils de bourgeois qu’il renie.

La Terre : Eluard


La terre est bleue comme une orange                                    


Jamais une erreur les mots ne mentent pas

Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

Paul Eluard, L’amour la poésie, 1929

 Avant l’avènement de la science moderne existait la science naturelle les quatre éléments permettaient alors de saisir l’essence du monde. Selon Marc-Aurèle il faudrait : « Se rappeler toujours cette sentence d’Héraclite : La mort de la terre, c’est de se changer en eau ; la mort de l’eau, c’est de se changer en air ; la mort de l’air, de se changer en feu ; et réciproquement. » (Pensées pour moi-même – Livre IV). Notre collection capsule les quatre éléments est un hommage  à la science naturelle !

                         

L’air : Lamartine

       
                                                    

Que le vent qui gémit,

le roseau qui soupire

Que les parfums légers de ton air embaumé,

Que tout ce qu’on entend,

l’on voit ou l’on respire,

Tout dise : Ils ont aimé ! 

                                           Alphonse de Lamartine Extrait du lac


      
Avant l’avènement de la science moderne existait la science naturelle les quatre éléments permettaient alors de saisir l’essence du monde. Selon Marc-Aurèle il faudrait : « Se rappeler toujours cette sentence d’Héraclite : La mort de la terre, c’est de se changer en eau ; la mort de l’eau, c’est de se changer en air ; la mort de l’air, de se changer en feu ; et réciproquement. » (Pensées pour moi-même – Livre IV). Notre collection capsule les quatre éléments est un hommage à la science naturelle !

 

 


               

                                         

 

 

Le Feu le Brasier de Guillaume Apollinaire

 

                                 Le Brasier

J’ai jeté dans le noble feu

Que je transporte et que j’adore

De vives mains et même feu

Ce Passé ces têtes de morts

Flamme je fais ce que tu veux

 Extrait le Brasier de  Guillaume Apollinaire

Avant l’avènement de la science moderne existait la science naturelle les quatre éléments permettaient alors de saisir l’essence du monde. Selon Marc-Aurèle il faudrait : « Se rappeler toujours cette sentence d’Héraclite : La mort de la terre, c’est de se changer en eau ; la mort de l’eau, c’est de se changer en air ; la mort de l’air, de se changer en feu ; et réciproquement. » (Pensées pour moi-même – Livre IV). Notre collection capsule les quatre éléments est un hommage à la science naturelle !