Quand Raul Castro raconte José Marti

 

          Le président de Cuba Raul Castro  durant le VIIe sommet des Amériques à Panama le 11 Avril 2015 à affirmé dans son discours le rôle historique du père fondateur de l’état cubain José Marti ! « À Cuba, après l’échec de longues années de lutte, José Marti organisa « la guerre nécessaire » et créa le Parti révolutionnaire cubain en vue de la conduire et de fonder une république « avec tous et pour le bien de tous » où régnerait « la dignité pleine de l’homme » Ayant cerné et prévu avec justesse les traits saillants de son époque, Marti s’imposa le devoir « d’empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne retombent, avec cette force de plus, sur nos terres d’Amérique ».».

                        Voici José Marti (1853 – 1895) en quelques mots   

 

José Marti, fils d’un sergent d’artillerie, est né à La Havane en 1853. Il travaillera très jeune afin d’aider sa famille , ce qui ne l’empêchera pas d’être un excellent élève en témoignent d’ailleurs les journaux de l’époque.

José Marti, sous la direction de son professeur (Rafael Maria Mendive) décide de créer, à tout juste quinze ans, un journal : ce sera La patrie Libre. La révolution cubaine vient d’éclater. Marti a seize ans quand il est condamné à six ans de travaux forcés pour avoir caricaturé les volontaires de l’armée coloniale et insulté le drapeau espagnol.

Après avoir bénéficié d’une mesure de grâce, c’est à Madrid, où il est déporté, qu’il validera à l’université centrale une licence de droit et une autre de philosophie. Il voyagera à travers l’Amérique latine. À cette époque, il est journaliste et enseignant. Il fait des voyages à Cuba d’où il est à nouveau exilé en 1879 pour « conspiration ». José Marti se fait remarquer par certains gouvernements d’Amérique latine grâce à ses talents d’orateur. On lui confie même des tâches diplomatiques.

À partir de 1884, son unique préoccupation est de réussir son projet révolutionnaire, sa « raison de vivre ». C’est avec deux chefs militaires de la guerre de Dix ans, Maximo Gomez et Antonio Maceo, qu’il crée le Parti révolutionnaire cubain. Le 25 mars 1895, Marti et Maceo rédigent le fameux Manifiesto de Montechristi dans lequel ils expriment leurs idées révolutionnaires. Plus tard, il est nommé major général par l’armée de libération. À partir de là, José Marty participe pleinement à la guerre de libération de Cuba face à la puissance coloniale espagnole. Il y laissera la vie le 19 mai 1895. Trois ans plus tard, le 10 décembre 1898, la révolution triomphe et le traité de Paris consacre l’indépendance officielle de Cuba.

L’héritage laissé par Marty est immense. En tant qu’écrivain d’abord, il publie de son vivant : pièces de théâtre, recueils de vers (il est poète depuis ses seize ans), essais politiques (sur l’éthique politique).

C’est avant tout un humaniste. Il fait de l’honnêteté et du travail ces principes, combat les préjugés raciaux et ethniques. Il trace une limite très claire entre le colon qui travaille la terre, fonde une famille et les exploiteurs colonialistes qui pillent l’île sans états d’âme. Marti avertit très tôt ses compatriotes sur la menace que représentent les États-Unis où il a résidé  de 1880 à 1895 à New York. On peut penser que Marti est l’un des premiers à pester contre « l’impérialisme » américain qui souhaiterait faire de l’Amérique latine sa vassale : « Cuba doit être libre de l’Espagne et des États-Unis. » Il s’oppose à toute participation de ces derniers, car « une fois les États-Unis à Cuba, qui les en sortira ? ». On comprend mieux, au regard de cette biographie, pourquoi Fidel Castro en a fait son père spirituel. Lors de sa célèbre péroraison, l’Histoire me réhabilitera (à l’occasion de son procès en 1953 après l’échec de la Moncada). Il déclare à propos de Marty : « Il vit, il n’est pas mort, son peuple est rebelle, son peuple est digne, son peuple est fidèle à son souvenir… Cuba, que deviendrais-tu si tu avais laissé mourir ton apôtre ? »

Hommage : Le chant des partisans

                                      1945 : l’armistice 

          Aujourd’hui nous commémorons la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie nous publions à cette occasion le magnifique chant des partisans. Composé et écrite originellement en russe par Anna Marly (1917-2006) la version française sera composé par deux résistants Joseph Kessel (1898-1979) et Maurice Druon (1918-2009) en 1943 . Ce chant historique et engagé est tellement pertinent face à l’actualité ! 

Le chant des partisans :

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?

Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne?

Ohé partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme!

Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades,

Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades;

Ohé franc tueurs, à la balle et au couteau tuez vite!

Ohé saboteur, attention à ton fardeau, dynamite!

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons, pour nos frères,

La haine à nos trousses, et la faim qui nous pousse, la misère.

Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves,

Ici, nous vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève.

Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait, quand il passe;

Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place.

Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes,

Sifflez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute.

Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne?

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?

La modernisation de l’agriculture et de l’élevage

 

                  On va devoir changer !

 

Au Ve siècle avant Jésus-Christ, en Grèce antique, l’écrivain Eschyle, dans son œuvre éponyme, Prométhée enchaîné, fait le panégyrique de ce héros mythologique bienfaiteur de l’humanité. Prométhée dérobe aux dieux les secrets de l’usage du feu et de la culture des céréales. Ce vol serait à l’origine de la naissance de l’agriculture, en pleine mutation de nos jours.

Les terres fertiles s’amenuisent, d’ici 2050, nous serons neuf milliards d’humains sur la planète et huit cent cinquante millions de personnes souffrent toujours de malnutrition. Si nous voulons survivre, l’agriculture doit absolument se moderniser.

Voici quelques solutions :

— Stoppons la déforestation. Elle a provoqué la disparition d’écosystèmes complets. À la place, augmentons les niveaux actuels de production des terres fertiles en utilisant des systèmes agricoles de haute technologie et de précision, tels que les tracteurs informatisés dotés de GPS et de capteurs perfectionnés qui permettent, en améliorant l’irrigation, de réduire la consommation d’eau et des pesticides.

— Modifions notre alimentation. L’agriculture est l’activité humaine qui consomme le plus nos réserves d’eau. C’est également l’activité économique qui contribue le plus au réchauffement climatique. La consommation de viande, d’œufs et de produits laitiers nécessite, comme nous l’avons vu, de cultiver des surfaces de plus en plus importantes. Les scientifiques réfléchissent donc à de nouveaux aliments dont la production serait moins gourmande en ressources que la viande. Selon le National Geographic, déjà deux milliards d’humains mangent par exemple des insectes.

— Évitons le gaspillage. Le gaspillage de nourriture dans les pays « riches » provient essentiellement des foyers, restaurants et supermarchés qui doivent ainsi se réorganiser. Dans les pays « pauvres », il est le résultat de mauvais moyens de conservation et de transport. Il faut relier nos achats alimentaires aux agriculteurs afin de réduire drastiquement l’empreinte énergétique de l’industrie alimentaire sur la planète. Grâce à des applications, vous pouvez désormais contrôler l’origine de vos achats. C’est cette veille qui permettra de protéger l’environnement sur lequel repose notre existence.

La belle époque à Paris

@GuillaumeApollinaire  le cheval (calligramme)  #Centenaire

                          La fin d’un monde

 

Nous commémorons en ce jour le centenaire de la grande guerre, cela me donne envie de slalomer dans le Paris de la belle époque juste avant la catastrophe!

Les innovations techniques révolutionnaient la vie quotidienne des Parisiens. La veille de l’inauguration de l’Exposition universelle de 1900 à Paris, le Time écrit : « Tout ce que le cerveau humain et l’habileté manuelle sont capables de concevoir et de produire sera présenté au public dans des pavillons installés autour du champ de Mars pour représenter chaque pays. » Industriels, inventeurs, architectes exposent au public leurs merveilles. En six mois, l’exposition accueille 48 millions de visiteurs. On y voit fleurir l’art nouveau composé de courbes sensuelles et de motifs végétaux.

Il y eut le métro.

La ligne du métropolitain de Paris entre la porte de Vincennes et la porte Maillot est inaugurée en juillet 1900. En 1913, il y avait 167 millions de voyageurs avec 8 lignes en fonctionnement.

Il y eut le Chat noir.

En 1883, Rodolphe Salis ouvre le premier cabaret de Paris, Le Chat noir, décoré dans le style médiéval. Puis il y eut Le Lapin agile, L’Élysée Montmartre… On y goûte aux plaisirs de la nuit, au divertissement des parodies, à l’ivresse des poèmes et des chansons.

Il y eut Marie Curie.

Marie Curie reçoit le prix Nobel de physique en 1903 ( avec Pierre Curie, son époux et Henri Becquerel) et le prix Nobel de Chimie en 1911. Maria Sklodowska arrive à Paris en 1891 pour suivre des études scientifiques à la Sorbonne. Elle découvrira que la pechblende est beaucoup plus radioactive que l’uranium à cause des cristaux de sel de radium. Marie Curie identifie le radium métallique pur en 1910.

Il y eut la naissance du fauvisme.

Les critiques d’art rendant compte du Salon d’Automne de 1905 qualifièrent de « cage aux fauves » la salle où exposaient Dufy, Matisse, Derain, Van Dongen et Vlaminck. Le fauvisme explore de nouveaux domaines, c’est un mouvement à caractère expérimental. Matisse « dessine dans la couleur », préfère les lignes épurées et arabesques dynamiques, une sorte de minimalisme ou simplification extrême. Pablo Picasso arrive à Paris en 1900 et peint des œuvres figuratives. Il s’inspire des arts africains et océaniens (les masques). Il annonce le cubisme et crée de nouvelles perspectives en disloquant les formes et en multipliant les points de vue.

Il y eut de l’innovation dans l’écriture.

La poésie française entre dans la modernité avec Alcools d’Apollinaire en 1913. C’est une poésie révolutionnaire par le fond et ludique par la forme. Marcel Proust sublime l’écriture de la mémoire et de l’introspection. Avec ses obsessions personnelles, il analyse la « comédie mondaine » de Paris avec subtilité. Autre auteur : Colette qui publie la série des Claudine sur la vie « remuante des oisifs » entre 1900 et 1903.

Il y eut les diktats de la mode parisienne.

La mode parisienne règne sur l’Occident. Les robes longues, les manches bouffantes, les corsets à baleines et à lacets extrêmement serrés, les couleurs sombres, les chapeaux baroques dotés d’une voilette sont la règle ! En 1910, Paul Poiret remplace les couleurs sombres par des tons plus gais comme le violet, le bleu roi, le rouge, le jaune citron, le vert éclatant. Il supprime les corsets et impose la ceinture et le soutien-gorge.

Il y eut tout ceci et tant d’autres merveilles juste avant la fin du monde !

Le Moyen Âge, un univers clos ?

 Une foire à Gand au Moyen-Age

                       

Le Moyen Âge commence au VIe siècle avec la chute de l’Empire romain d’Occident pour s’éteindre au XVe siècle, au moment de la découverte de l’imprimerie. Cette période de l’histoire inspire bon nombre d’artistes, stylistes, réalisateurs, écrivains (Trône de fer) contemporains…

Personnellement, le Moyen Âge ne me fait pas rêver ! Je le perçois comme un univers clos rempli de dogmes sociaux et religieux laissant peu de place au développement personnel. Je préfère les conversations philosophiques de l’Antiquité et l’art de la Renaissance.

Le problème avec l’époque médiévale, c’est qu’elle ne laisse pas beaucoup de place à l’imprévu. C’est finalement une période qui s’oppose beaucoup à notre temps. Grâce à des auteurs tels que le théologien musulman Averroès, le théologien chrétien Thomas d’Aquin, ainsi qu’à la construction des cathédrales si chères à Victor Hugo, le Moyen Âge est l’âge d’or de la spiritualité. On sait également que les moines ont énormément façonné la Bible (terme inventé au XIIe siècle), ce qui pousse même certains historiens à affirmer qu’elle est une invention de l’époque médiévale. Aujourd’hui la spiritualité est surtout une question de politique !

C’est aussi le temps du preux chevalier honorable, fidèle à son suzerain, qui s’oppose à la mondialisation de l’époque moderne. Les seigneurs sont décrits comme chevaleresques, à l’opposé des chefs d’État en costume-cravate d’aujourd’hui qui souffrent souvent d’une faible popularité .

Si l’époque médiévale n’est pas ma tasse de thé, elle passionne visiblement mes contemporains. On ne compte plus les œuvres  s’inspirant de la période qui ont été récemment couronnées de succès international. Un brin de nostalgie !

Le jeûne spirituel

Aujourd’hui, commence le jeûne islamique ! Le jeûne, vieille coutume spirituelle, existe depuis la nuit des temps. Yom Kippour, carême, ramadan, les religions monothéistes proposent chacune leur version de cette pratique ancestrale.

Le ramadan commence chaque neuvième mois du calendrier lunaire, période durant laquelle l’archange Gabriel a révélé le Coran à Mahomet. Durant ce mois de piété, les musulmans doivent s’abstenir de boire, manger, fumer, avoir des relations sexuelles du lever au coucher du soleil. Seuls les malades, les femmes enceintes ou les voyageurs peuvent s’y soustraire, à condition que chaque jour manqué soit rattrapé au cours de l’année qui suit !

Dans la religion juive, le jeûne constitue un moyen d’expier ses fautes. Par exemple, durant dix jours, les croyants jeûnent. Yom Kippour, fête de la réconciliation, est fixé au dixième jour du jeûne.

Dans la religion chrétienne, Jésus, après son baptême, se retira dans le désert et jeûna pendant quarante jours. Le diable en profita pour l’éprouver à plusieurs reprises, c’est la fameuse tentation du Christ. Par contre, ses disciples ne jeûnaient pas. De plus, Moïse, sur le mont Sinaï, ne mangea ni ne but durant quarante jours et quarante nuits. En souvenir du jeûne du Christ, les premiers chrétiens décidèrent de respecter une diète les mercredis et vendredis, ainsi qu’une semaine avant Pâques, qui se transforma en quarante jours ; c’est le

traditionnel carême. Durant cette période, les chrétiens sont invités à prier, faire la charité et manger avec modération.

Le onzième jour de chaque cycle lunaire (Ekadashi), beaucoup d’hindous s’abstiennent de manger et de boire durant vingt-quatre heures. Dans cette religion, le jeûne est souvent signe de renoncement à la société et le chemin pour trouver le divin qui est en soi. Pour les bouddhistes, jeûner revient à purifier son corps et son âme. Mais, attention, le bouddhisme refuse les pratiques extrêmes : chaque adepte doit trouver l’équilibre entre le plaisir et l’ascétisme.

Malala, une reine en orbite

 Jonathan Yeo

                « Aujourd’hui, nous savons que l’éducation est notre droit fondamental pas seulement en occident : l’islam aussi nous a accordé ce droit. L’islam dit que chaque fille et chaque garçons doit s’instruire. Dans le Coran, il est écrit que Dieu veut que nous possédions le savoir que nous comprenions pourquoi le ciel est bleu, l’immensité des mers et les étoiles »                                                                                                         Moi, Malala Je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans. 

En orbite entre Mars et Jupiter, l’astéroïde 316201, découvert il y a cinq ans par Amy Mainzer (astronome à la NASA), porte le nom de Malala Yousafzai.

Prix Nobel de la paix 2014, celle qui a publié en 2013 son autobiographie, Moi, Malala, je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans, est engagée depuis son plus jeune âge dans la lutte pour l’éducation des filles. Née en 1997 dans la vallée du Swat au nord-ouest du Pakistan, elle prend un pseudonyme et poste son journal d’une écolière pakistanaise sur un blog de la BBC en langue ourdou. Ce qui faillit lui coûter la vie.

Cet hommage advient au moment où nous apprenons par la BBC que la justice pakistanaise a acquitté huit des dix condamnés pour la tentative d’assassinat dont elle a été victime le 9 octobre 2012. Aujourd’hui Malala gère un fond pour favoriser l’éducation des filles, lancé en 2012 à l’initiative de l’UNESCO et soutenu par le Pakistan.

Amy Mainzer a souhaité nommer l’astéroïde Malala afin d’affirmer que « la science et l’ingénierie sont pour tout le monde ».

 

La femme dans l’islam

                         Excellent aïd al-fitr  !

 

À l’occasion de la fin du jeûne islamique, je vous propose de découvrir six portraits  féminins de l’islam. De la femme d’affaires à la conseillère politique et de l’enseignante de préceptes islamiques au symbole de sainteté, les femmes ont largement contribué à diffuser la nouvelle religion.

1) Khadija

Épouse unique du prophète Mahomet durant vingt-quatre ans (jusqu’à sa mort), Khadija est une riche femme d’affaires qui emploie Mahomet, ou Mohammed, pauvre caravanier, avant la révélation. Âgée de quarante ans, elle épouse Mohamed en 595 après Jésus-Christ. Khadija fut la première à soutenir le prophète : « elle a cru en moi, alors que tout le monde me rejetait et me traitait de menteur. Elle m’a soutenu par son argent alors que j’étais dépouillé par tous ». Elle est donc la première musulmane. Ils eurent six enfants quatre filles et deux fils décédés en bas âge.

2) Aïcha

Aïcha fut la troisième épouse du prophète, devenu polygame après la mort de sa première épouse, Khadija. C’est la fille de l’ami préféré de Mahomet, Abou Bakr, son premier successeur à la tête de la communauté musulmane. L’âge d’Aïcha le jour de ces noces est sujet à controverse. Selon certaines sources, elle n’avait que neuf ans, selon d’autres sources, elle aurait eu quinze à dix-sept ans et, conformément à la coutume des Arabes anciens, elle aurait eu « neuf après dix » ans, c’est-à-dire dix-neuf ans. Dans tous les cas, il y avait une grande différence d’âge entre les époux, car le Prophète avait alors cinquante et un ans. Sa connaissance de l’islam était reconnue par Mahomet. Après la mort de son mari, Aïcha enseigna durant quarante-six ans aux hommes comme aux femmes les préceptes islamiques. Elle transmit beaucoup de hadiths (paroles du prophète). C’est grâce à elle, également, que nous connaissons la vie privée de Mahomet. À la question « Que faisait le prophète chez lui ? » Aïcha répondit : « Ce que chacun fait : il reprisait son vêtement et recousait ses sandales, trayait sa chèvre. […] Il s’occupait des tâches ménagères, en particulier la couture. »

3) Marie la musulmane

Marie, mère de Jésus, est la figure féminine la plus importante dans l’islam. La sourate 19 porte son nom : Maryam. Femme libre, elle décide de servir Dieu. C’est un idéal de piété : « Je lui donne le nom de Maryam et je la mets sous ta protection, ainsi que sa descendance, contre le démon, qu’il soit lapidé » (V36). C’est la seule femme à être désignée par son nom dans le Coran. Par contre, il faut noter que, dans la religion musulmane, Jésus n’est pas le fils de Dieu. La condition humaine de Jésus et de Marie est affirmée dans le Coran : « Il était le Messie, fils de Maryam, rien d’autre qu’un envoyé […] et sa mère seulement un être saint » (5,75). La place importante que Marie a dans l’islam tient au fait que, dans le Coran, elle est la sœur de Moïse et d’Aaron, la fille donc d’Imran, le père de Moïse. Étant la mère de Jésus, celui qui annonce l’arrivée de Mahomet (61,6), elle unit les trois religions monothéistes. Puisque « Dieu a choisi Adam et Noé, la famille d’Abraham et celle d’Imran au-dessus des univers en tant que descendants les uns des autres… » (V33-34)

4) Umm Waraqa

Umm Waraqa fut nommée par le prophète Mahomet pour conduire la prière dans un quartier de Médine.

5) Oumma Salama

Oumma Salama est l’une des épouses du prophète. Elle conseilla Mahomet durant la négociation du traité de Hudaybiyya conclu avec les polythéistes de La Mecque.

6) La figure de Al Bouraq

Une nuit durant le mois de jeûne (ramadan), le prophète Mahomet monta de ciel en ciel sur le dos d’une créature cosmique, une jument ailée à tête de femme, grâce à laquelle il atteignit le trône de Dieu et y reçut les enseignements spirituels.

L’université islamique de Qassim en Arabie Saoudite a récemment organisé une conférence intitulée « La place des femmes dans la société ». Bien qu’aucune femme n’ait été autorisée à participer à la conférence, c’est une excellence initiative. Au vu de l’actualité sur le sujet, la question est devenue légitime, car, le forum économique mondial sur l’égalité des sexes dans le monde a démontré qu’en 2014, les quinze derniers pays du classement étaient à majorité composés de musulmans.

Tout savoir sur l’esclavage

 

D’une architecture spectaculaire aux ambitions universalistes, fait d’une magnifique résille argentée, trônant majestueusement au bord de la mer à Pointe-à-Pitre, le mémorial de l’esclavage a ouvert le 7 juillet dernier. Le projet fut porté par une association indépendantiste (CIPN) et lancé en 2001, parallèlement à la promulgation de la loi Taubira qui reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Représentant un grand vaisseau de 7 124 m² et 240 m de long, l’édifice est composé de « granit noir constellé de pépites d’or » qui brillent de jour comme de nuit, représentant toutes les vies volées par cette barbarie économique. Son nom : ACTe, pour Centre caribéen d’expression et de mémoire de la traite et de l’esclavage.

Située à 11 m du sol, reliant le corps principal du bâtiment au jardin « Morne Mémoire » où la vue spectaculaire permet de profiter de tout Pointe-à-Pitre, la passerelle imaginée par Marc Mimram est incurvée.  À l’intérieur du bâtiment, vous trouverez une salle d’exposition temporaire, un centre de recherche où les familles antillaises pourront consulter des actes d’état civil et un fonds d’archives, une salle de conférence de 250 places et un musée de 1 500 m² racontant l’esclavage, du néolithique à aujourd’hui. Un voyage instructif et émouvant au cœur du « capitalisme sauvage ».