Quand Tocqueville conseille Donald Trump

@Théodore Chassériau
“L’histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d’originaux et beaucoup de copies.”
                                                                                         De Alexis de Tocqueville / L’Ancien Régime et la Révolution

          Dans le cadre de la future prise de pouvoir du président américain élu Donald Trump. On se penche sur le destin du Français Alexis de Tocqueville qui par son action contribua à la réussite de la révolution américaine et qui par son observation judicieuse du jeu politique peut donner quelques conseils au nouveau locataire de la maison blanche.

  Alexis de Tocqueville est né à Paris le 29 juillet 1805.  Sa famille paternelle est aristocrate. Ce sont des riches propriétaires terriens normands. Son arrière-grand-père maternel se nomme Melesherbes, le défenseur de Louis XVI devant la convention. Sa famille est donc royaliste et catholique.  Il fréquentera le lycée de Metz, puis choisira de faire des études de droit à Paris de 1823 à 1826. Le droit ne le passionne pas. Il s’intéresse plutôt à l’économie politique et à l’histoire. Le 2 avril 1831, il débarque en Amérique avec son ami, Gustave de Beaumont, où ils restent jusqu’en février 1832.

       Officiellement, ils vont étudier le système pénitentiaire, mais officieusement, ils sont curieux de comprendre comment fonctionne la République américaine. Il conjugue ses notes sur l’Angleterre où il avait voyagé en 1933 avec celles qui seront prises aux États-Unis. Il en fera sa base d’écriture pour son ouvrage De la démocratie en Amérique, dont les deux premiers volumes seront publiés en 1935. Le livre est très bien accueilli par les élites. Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1837 et est élu à l’Académie des sciences morales et politiques en 1838. Il entre aussi de fait à l’Académie française en 1841. Il épouse Mary Mottley, une jeune Anglaise de la bourgeoisie mais sans fortune, qui a neuf ans de plus que lui. Beaucoup de gens dans son entourage considèrent ce mariage comme une mésalliance. Snobisme de l’époque.

               Il publie la seconde partie de son livre en 1840 qui aura moins de succès. Tocqueville se présente aux élections législatives dans la commune de Valognes en Normandie en 1837. Il fera campagne sur des idées progressistes, anti-révolutionnaires et se pose en défenseur des libertés. Il est battu mais ne se décourage pas. Il gagnera les élections le 2 mars 1839. C’est alors un élu de « centre gauche libérale ». Il assiste impuissant à la révolution qu’il contera dans son livre Souvenirs en 1850. Sous la constituante, il est élu au suffrage universel et participe à la commission qui rédige la nouvelle constitution. Après l’avènement de la République et l’élection de Louis Napoléon Bonaparte comme président le 10 décembre 1848, Tocqueville devient ministre des Affaires étrangères. Il ne restera à son poste que cinq mois. En mars 1852, il met fin à sa carrière publique afin de protester contre le despotisme impérial du second empire imposé par Napoléon III. Lui, au fond, avait toujours souhaité établir une monarchie libérale.  Il meurt à Cannes en 1859 victime de la tuberculose.

Voici quelques remarques et conseils que Tocqueville pourrait donner à Donald Trump au sujet du jeu politique.

“En politique, la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés.”  Souvenirs

“Il ne faut pas mépriser l’homme si l’on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts. ” Correspondance

“Il y a plus de lumière et de sagesse dans beaucoup d’hommes réunis que dans un seul.”

“La liberté n’existe pas sans morale, ni la morale sans foi.”

“Les despotes eux-mêmes ne nient pas que la liberté ne soit excellente ; seulement ils ne la veulent que pour eux-mêmes, et ils soutiennent que tous les autres en sont indignes tout à fait.” L’Ancien Régime et la Révolution 

“Dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau.”

Et enfin peut-être la plus importante : “Il n’y a que Dieu qui puisse sans danger être tout-puissant.”

Le New Look habille Paris

#PREMIUM  @Henry Clarke 1952

                 New Look  Dans le sillage de la fin de la première saison de la série The collection revenons sur le style clé de voûte de la fiction le New-Look. Le 12 février 1947 naissait le New Look, créé par Christian Dior. Voici une remise en contexte et analyse d’une silhouette qui allait révolutionner Paris et le monde de la mode.

1. Un peu d’Histoire

« La haute couture est en avance sur son temps et complètement inédite, et c’est elle qui demain, par la façon dont elle sera portée, fera la mode de Paris, la mode du monde », revendiquait Christian Dior, confirmant la position de Paris en tant que capitale de la mode. Un statut que la Ville Lumière doit à Louis XIV qui souhaitait démontrer sa suprématie tant aux niveaux politique et économique que culturel. Admiré par l’Europe puis par le monde entier, Paris s’est ainsi élevé au rang de référent stylistique par excellence.

En 1770, Rose Bertin, que l’on peut aujourd’hui considérer comme l’instigatrice de la haute couture, ouvre sa propre boutique, « Le Grand Mogol », rue du Faubourg Saint-Honoré et s’érige rapidement en maître de la mode à la Cour du roi Louis XVI. Les talents et la créativité de la couturière n’échappent pas à Marie-Antoinette, adepte de l’habillement et du luxe, qui la nomme « Ministre de la Mode ».

Depuis lors, la mode et la haute couture n’ont cessé de prendre de l’ampleur, faisant de Paris l’hôte de créateurs de prestige : Louis Hyppolite Leroy, Charles Frederick Worth, Paul Poiret, Coco Chanel, ou encore Christian Dior.

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Polka by Luce

             Luce a musicalement bien grandi. Elle a su rester fidèle à ce style atypique et acidulé qui lui a permis de séduire le public et remporter le concours de la Nouvelle Star en 2010.

Elle sort un nouvel album : Chaud. Je l’ai écouté et adoré, surtout Polka !

Le moins que l’on peut noter est sa fraicheur, son ingénuité, son exotisme. Le hit de cet album est avant tout une ballade vous emportant dans l’univers sucré de la demoiselle. D’ailleurs, je la laisse vous emmener, voici Polka !

Les paroles de la chanson Polka :

Je veux danser la polka J’la veux danser tes bras J’la veux danser tout d’suite J’la veux danser toute cuite Je veux danser la polka Même si je sais pas le pas J’la veux danser c’est fou J’la veux danser tout dessous Même si j’suis pas à la cadence Je veux entrer dans la danse J’pourrais danser n’importe quoi Tant que c’est avec toi

Je sais j’ai mes gros sabots Oui mais je porte le chapeau Et si je tiens pas d’bout J’la danserai a ton cou Même si j’suis pas sur la liste Je veux entrer sur la piste Je veux danser la polka Un deux trois on y va

Oui mais non Pas avec Riton Qu’en veut qu’à mes nichons Oui mais non Pas avec Gilou Qu’en veut qu’à mes dessous J’veux pas bailar la bamba Je veux danser la polka C’est pourtant pas compliqué Tu pourrais bien m’l’accorder J’la veux danser t’as vu Je veux bouger mon cul J’la veux danser toute nue J’la veux danser toute crue Même si j’suis pas Stéphanie Je veux entrer dans ta vie J’la veux danser avec toi J’vais pas te l’dire cent fois

Oui mais non Pas avec Jean-Pierre Qu’en veut qu’à mon derrière Oui mais non Pas avec son pote Qu’en veut qu’à ma culotte Je veux danser la polka J’la veux danser tes bras J’la veux danser tout d’suite J’la veux danser toute cuite Mais si t’aimes pas ma gueule Ben j’la danserai toute seule J’irai danser la vodka J’la danserai dans mes draps.

Luce

 

Au temps de la duchesse de Chartres

     @Jean-Baptiste Charpentier le Vieux (French, 1728-1806)  

 Paris, capitale de la mode au XVIIIe siècle ?

Marie-Antoinette, la duchesse de Chartres, Jean-Joseph Beaulard… Autant de noms qui consacrent Paris comme la capitale mondiale de la mode au XVIIIe siècle.

Jean-Joseph Beaulard est le roi de l’innovation. Quel agréable cadeau que cette fleur artificielle parfaitement imitée qui exhale un parfum délicieux, fournie par son frère, parfumeur, à Marie-Antoinette ! Et quelle surprise quand la reine presse le bouton et que la fleur s’ouvre pour faire apparaître son portrait en miniature !

Rose Bertin  créé la robe de mariage de la duchesse de Chartres qui réside à quelques mètres de sa boutique de la rue Saint-Honoré. La duchesse est la véritable it-girl de l’époque ! Mécène, elle promeut les jeunes talents. Casanova confirme sa popularité dans ses mémoires : « depuis que la duchesse de Chartres l’a mis [le tabac de la Civette] à la mode, on n’en veut point d’autre. »

Marie-Antoinette est un peu chasseuse de mode, un peu styliste. Sa mère, Marie-Thérèse, suscite ces vocations en la priant de ne pas se « laisser aller à la négligence […] ni sur sa figure ni sur les représentations ». Elle doit donner le ton à Versailles. Louis XVI la charge d’organiser les plaisirs de la cour et pour ce faire, il augmente sa chatouille ou cassette. Deux bals par semaine dont un costumé, deux représentations théâtrales, des veillées… nécessitent quantité de toilettes. La duchesse de Chartres lui présente la célèbre marchande de modes, Rose Bertin. Marie-Antoinette la reçoit au moins deux jours par semaine. En dépit du protocole interdisant à tout marchand de pénétrer dans l’intimité de la famille royale, les rencontres se font dans le cabinet intérieur de la reine.  Munies d’un portefeuille rouge garni d’échantillons de tissus, les deux femmes vont révolutionner la mode !

Paris devient ainsi la capitale du luxe et de la haute couture, titre qu’elle a jalousement gardé depuis !

La marchande de mode

Il existe six grands corps de marchands en France au XVIIIe siècle : draperie, pelleterie, épicerie, bonneterie, orfèvrerie et mercerie. C’est à l’intérieur de ce dernier corps que naissent les marchandes de modes à la fin du XVIIe siècle. L’expression « marchande de modes » apparaît pour la première fois en 1693, dans la pièce de théâtre classique Les bourgeoises à la mode de Dancourt.

Sous l’Ancien Régime, la vêture était un enjeu de pouvoir. Louis XIV donne aux femmes le droit d’habiller leur sexe. En 1776, Louis XVI remanie les corporations. Les marchands de modes forment un nouveau corps de métier parmi les communautés d’art et de métier de la ville de Paris. Avant cette réforme, les femmes ne pouvaient pas travailler si elles n’étaient pas mariées ou si un homme ne leur vendait pas son nom. C’est par le terme « modiste » que les marchandes de modes se présentent au lieutenant général de police Lenoir qui reçoit leur déclaration après la reconnaissance et l’officialisation de leur métier.

Rose Bertin devient la première jurée de la corporation en septembre 1776. Elle est le porte-parole de la bourgeoisie commerçante auprès des décideurs publics. Elle contrôle la formation, organise et réglemente l’apprentissage. C’est ainsi que la communauté des marchandes de modes finance l’École publique laïque et gratuite de dessin, devenue aujourd’hui l’École nationale supérieure des arts décoratifs.

 

Tout savoir sur l’esclavage

 

D’une architecture spectaculaire aux ambitions universalistes, fait d’une magnifique résille argentée, trônant majestueusement au bord de la mer à Pointe-à-Pitre, le mémorial de l’esclavage a ouvert le 7 juillet dernier. Le projet fut porté par une association indépendantiste (CIPN) et lancé en 2001, parallèlement à la promulgation de la loi Taubira qui reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Représentant un grand vaisseau de 7 124 m² et 240 m de long, l’édifice est composé de « granit noir constellé de pépites d’or » qui brillent de jour comme de nuit, représentant toutes les vies volées par cette barbarie économique. Son nom : ACTe, pour Centre caribéen d’expression et de mémoire de la traite et de l’esclavage.

Située à 11 m du sol, reliant le corps principal du bâtiment au jardin « Morne Mémoire » où la vue spectaculaire permet de profiter de tout Pointe-à-Pitre, la passerelle imaginée par Marc Mimram est incurvée.  À l’intérieur du bâtiment, vous trouverez une salle d’exposition temporaire, un centre de recherche où les familles antillaises pourront consulter des actes d’état civil et un fonds d’archives, une salle de conférence de 250 places et un musée de 1 500 m² racontant l’esclavage, du néolithique à aujourd’hui. Un voyage instructif et émouvant au cœur du « capitalisme sauvage ».

Olympe de Gouges

« Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de vous en affranchir ; vous n’avez qu’à le vouloir. »

                                                                      Olympe de Gouges  Montauban 1748 – Paris 1793

Femme de lettres devenue femme politique, pionnière du féminisme, rédactrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791, guillotinée sous la Terreur, un siècle et demi avant la publication du Deuxième Sexe par Simone de Beauvoir, Olympe de Gouges affirme le droit des femmes à décider de leur sort !

Ce carré de soie rend hommage à la plus efficace des féministes du XVIIIe siècle. Olympe de Gouges écrit des pièces de théâtre malgré les critiques de ses contemporains masculins qui pensent, à l’instar de Beaumarchais, qu’« il faut de la barbe au menton pour faire un bon ouvrage dramatique » ! Dans ses œuvres, elle prend la défense de tous les opprimés, et notamment des esclaves noirs dans Zamoré et Mirza ou dans L’Heureux Naufrage. Olympe de Gouges ne souhaite pas la destruction de l’institution monarchique, mais plutôt sa réforme, ce qui lui mettra à dos royalistes et républicains misogynes. Même les femmes critiquent sa liberté de ton et sa méfiance à l’égard du mariage. Olympe dénonce également les dérapages sanglants durant la Terreur : « J’avais toujours cru qu’une goutte versée en fît verser des torrents. Le sang même des coupables versé avec cruauté et profusion souille éternellement les révolutions. » Ainsi, elle s’indigne de l’exécution du roi ! En mars 1793, elle échappe à une agression populaire proche des Girondins. Elle est accusée de conspirer contre la République et, le 3 novembre 1793, quinze jours après Marie-Antoinette, elle est guillotinée.

                                      

Rougui Dia, une étoile gastronomique

 

Risotto de quinoa à la provençale, bar poêlé à la citronnelle, millefeuille de mangue, parmentier de gambas… Voici quelques-unes des recettes de l’excellent chef cuisinier Rougui Dia.

Sa success-story est un conte de fées moderne ! Originaire de Neuilly-Plaisance, Rougui Dia devient l’assistante du chef Sébastien Faré dans son restaurant du XIe arrondissement, Chez Jean. Elle le suit aux Persiennes de Philippe Conticini, puis devient chef de cuisine au 144, restaurant situé au-dessus de la boutique Petrossian. En 2006, elle publie un livre intitulé Le chef est une femme !, puis, en 2013, elle prend les commandes de la cuisine du restaurant Le Vraymonde au Buddha-Bar Hôtel. Lauréate du onzième prix Trofémina 2014 dans la catégorie « restauration », Rougui Dia est une artiste avec qui vous ferez l’expérience de l’excellence culinaire, avec des plats à la touche épicée, une saveur exotique invitant au voyage, et qui stimulera vos sens par le raffinement de sa cuisine.

 

Joséphine Japy, une graine d’actrice !

 

               On a  découvert Joséphine Japy dans la comédie sociale de Gabriel Julien-Laferrière, Neuilly sa mère ! Depuis, l’actrice a bien grandi ! Âgée maintenant de vingt ans, elle a brillé l’an dernier dans le second film de Mélanie Laurent, Respire, où elle interprétait le rôle d’une jeune fille fragile, Charlie, sous l’influence d’une amie manipulatrice. Fille de parents cinéphiles, Joséphine Japy est tombée dans le monde du cinéma dès sa plus jeune enfance et commença le théâtre à l’âge de sept ans. Aujourd’hui, elle mène une vie intense entre « ses cours, ses concours et ses tournages » et poursuit sa troisième année de science politique après une année de classe préparatoire et l’obtention d’une licence d’histoire.

Joséphine Japy souhaite travailler avec des réalisateurs qui l’inspirent, sans limites. Elle ne veut surtout pas qu’on l’enferme dans un genre particulier. Ce qui importe le plus pour elle : incarner et défendre des sujets qui la touchent. Son péché mignon : les « très belles robes » ; ses icônes de la mode sont les mythiques Audrey Hepburn et Grâce Kelly. Sa philosophie : carpe diem, vivre l’instant présent, relativiser et garder la tête froide. Cette it-girl est un savant mélange de beauté, d’intelligence, de maturité et d’élégance. À suivre !