The Handmaid’s Tale : comprendre la gravité du sexisme

 

Si vous désirez comprendre l’esclavage, la dictature, le règne de l’idéologie, si vous souhaitez voir où veut nous mener l’idéologie des extrêmes, il faut regarder la série événement The

Handmaid’s Tale, sûrement la plus parlante de la décennie, comme un avertissement avant le déluge.

Aujourd’hui, nous vivons une drôle d’époque ! Les démagogues extrémistes sont glorifiés et exercent une sorte de fascination sur les peuples, ce qui démontre le malaise qui règne dans nos sociétés et les profondes fractures et faiblesse qu’elles comportent. Les gens ont du mal à être heureux, et ce, qu’ils aient des revenus ou non. Alors, l’idéologie, qu’elle soit politique ou religieuse, fait miroiter tranquillité d’esprit, bonheur et sentiment de faire le bien. Elle fait croire que vous êtes entourés dans un monde où l’individualisme règne en maître et où la solitude gagne de terrain.

Hitler cultivait lui aussi cette utopie, cela a donné Mein Kampf et le nazisme. De nos jours, Daech, le très mal nommé État islamique, diffuse une idéologie dont on connaît les tenants et les aboutissants. Alors, qui est responsable ? Notre indifférence, parce que, par-dessus tout, nous voulons conserver notre tranquillité plus que nos libertés ? Ou notre égoïsme, qui nous rend incapables de penser le bien commun de l’humanité pour nous contenter de nous préserver individuellement ?

Il y a pourtant toujours une leçon à retenir de ces expériences désastreuses. Personne ne peut réussir tout seul dans la vie, on avance avec les autres, que se soit dans un système de respect les uns des autres, c’est-à-dire en pensant au bien commun de tous, en reconnaissant la valeur égale de tout être humain, de l’ensemble de l’humanité, ainsi que de la planète qui nous sert de maison familiale, ou bien dans la violence, les classes sociales, la douleur et le mal.

L’humanité, dans son histoire, a souvent balancé entre les deux solutions. En fait, à chaque moment de sa vie, on doit choisir entre les deux attitudes et, comme toujours, c’est la somme de toutes ces décisions qui détermine le succès ou l’échec du genre humain.

Bravo pour les victoires aux Emmy awards 2017 🙂

House of cards : les dix qualités grâce auxquelles Underwood se maintient au pouvoir

 

Le choix du prochain président des États-Unis est donc à nouveau entre les mains d’une bande d’individus sans scrupules, avides d’argent, lécheurs de bottes, pensant à leur pouvoir personnel avant tout, mais qui peuvent être séduits, mis au pas, ou même forcés par un chantage à la soumission.

1 – Un cynisme inébranlable : en détournant les lois du système, « Je mets à mal les règles démocratiques. »

2 – Une hypocrisie à toute épreuve, une apparence d’intérêt pour la nation et de courage, comme pour dire : « Je n’en est rien à faire des lois et des usages, car il y plus impérieux pour la nation : combattre le terrorisme. »

3 – Du pathos et du spectacle à toutes les sauces. « Je me rends à des funérailles, déclare Franck Underwood, je vais faire une apparition. » « Mettez-le sur l’agenda officiel, que les journalistes aient le temps de se mobiliser », ajoute Claire Underwood.

4 – De l’opportunisme à chaque coin de rue. Après tout, Franck sait qu’il peut compter sur tous ceux pour qui l’intérêt privé est plus important que la nation. De plus, ses adversaires ne le sont souvent que de façade, comme dans une pièce de théâtre. Il y en a beaucoup avec qui on peut discuter ; les autres, on peut toujours les éliminer !

5 – L’habileté comme plus grande qualité. Invoquer l’histoire, citer les hommes du passé, des références qui vont donner un argument d’autorité, de grandeur et de légitimité à son discours et à sa démarche : « Comme Roosevelt a pu le faire ; comme Wilson… » Ce monde est un théâtre où on fait semblant de pleurer et où chacun joue gentiment son rôle.

6 – La stratégie comme religion. « Connaître parfaitement ses adversaires pour mieux les séduire avant de les détruire » ; « Ils confondent contestation et pouvoir. »

7 – Du populisme, sinon rien : répondre aux fantasmes de la population ou les créer… Sophisme, manipulation…

8 – Le sarcasme comme art de vivre : la scène avec le terroriste dans la cage.

9 – L’audace comme qualité suprême.

10 – L’insensibilité comme seule valeur morale.

La conclusion en est que le système démocratique fonctionne sur le papier, mais, dans la vie réelle, il est aussi corruptible que ses citoyens.

House of cards : quand le spectacle de la démocratie américaine donne raison à Platon

Livre 5 de la république ! 

Socrate : Tant que les philosophes ne seront pas rois dans les cités, ou que ceux qu’on appelle aujourd’hui rois et souverains ne seront pas vraiment et sérieusement philosophes ; tant que la puissance politique et la philosophie ne se rencontreront pas dans le même sujet ; tant que les nombreuses natures qui poursuivent actuellement l’un ou ou l’autre de ces buts de façon exclusive ne seront pas mises dans l’impossibilité d’agir ainsi, il n’y aura de cesse, […], aux maux des cités, ni, ce me semble, à ceux du genre humain, […]

Glaucon : Quels sont alors, selon toi, les vrais philosophes ?
Socrate : Ceux qui aiment le spectacle de la vérité, […].

Il n’est pas difficile pour Franck Underwood de se jouer de la démocratie américaine, et cela, parce que la démocratie suppose que les citoyens éclairés se battent pour le bien commun. Dans un monde où l’individualisme est roi, où le machiavélisme est fêté, la compétition sauvage célébrée et où le seul but de l’existence est de devenir celui que l’on célèbrera le plus, il n’est pas surprenant de voir triompher des Franck Underwood et des Donald Trump ! Quoiqu’il y ait une différence majeure : Underwood tire les fils de la marionnette du fameux système, contrairement à Donald Trump qui est l’un des fils de cette marionnette. Le premier est brillant, l’autre, juste bien utilisé.

On se demande à quoi servent réellement, pour quelqu’un comme Underwood, cette quête du pouvoir et cette lutte pour le conserver. Au début, il avait quelque chose à prouver, une revanche à prendre avec la vie qui l’avait placé dans la mauvaise classe sociale. Mais maintenant qu’il a gagné cette lutte des classes, pourquoi continuer à se battre ? Peut-être l’ambition et la politique couvrent-elles le vide existentiel de la vie des Underwood.

C’est vrai, faisons le bilan. Si on leur enlève la politique, que leur reste-t-il ? Ils n’ont pas d’enfants, pas de famille, pas d’amis sincères, leur couple est détruit et rongé par les mauvais souvenirs, leurs idéaux ont été corrompus, tout cela sacrifié au nom de l’ambition. Alors, maintenant, il ne leur reste plus qu’à s’accrocher coûte que coûte à la seule chose qui leur reste : l’illusion du pouvoir, et perdre leur temps avec ce jeu de rôle chronophage.

Doug Stamper ou le symdrome du larbin

Il y avait quelque chose de comique à voir Doug Stamper proposer son rein pour que Franck Underwood survive à la tentative d’assassinat dont il a été victime.

Difficile d’énumérer tout ce que Doug Stamper a fait pour que Franck Underwood devienne puis reste président ! Filatures ? corruption, Meurtres… Il lui est d’une fidélité et d’une loyauté sans limites, qui ne sont pas vraiment partagées par son maître qui l’abandonne quand il se retrouve indisposé. Pourquoi ? Eh bien, sans réponse apparente !

Il vit dans l’ombre de son maître. Ou pire : à travers son maître ! Une victoire de Franck est un peu une victoire de Doug. Il n’a aucune vie en dehors de son service. On peut le comparer à la description que fait Malcolm X du Nègre de maison : « Et le “Nègre de maison” prenait toujours soin de son maître. […] Et il aimait son maître plus qu’il ne s’aimait lui-même. C’est pourquoi il ne souhaitait pas le voir blessé. Si le maître tombait malade, il disait : “Qu’est-ce qu’il y a, patron, nous sommes malades ?” Lorsque la maison du maître prenait feu, il essayait d’éteindre le feu. Il ne voulait pas que la maison de son maître soit brûlée. Il n’a jamais voulu que la maison de son maître soit menacée. Et il la défendait plus que le maître ne le faisait. »

On peut également parler du syndrome du larbin*, qui s’exprime parfaitement quand Doug a le choix entre laisser la vie à la femme qu’il aime ou l’assassiner dans l’intérêt de son maître. En excellent larbin, je vous laisse deviner son choix.

*Définition du Larbin par Mediapart