The Get Down : les dangers de l’évolution sociale

« Les règles de ce jeu sont sans pitié […] et on est bien obligé d’y jouer ! » (Annie, chef de la mafia du Bronx)

« Soit je gagne, soit j’apprends », disait Mandela. Voilà le message de la deuxième partie de la série à succès The Get Down. Si la première partie nous parlait de la création d’un nouveau genre musical et de son contexte social, dans la partie deux, on voit comment les héros tentent d’évoluer socialement et les dilemmes moraux auxquels ils sont confrontés.

« Au-delà de ses nouvelles amitiés, ce sont les amitiés auxquelles il met fin qui définissent l’intelligence d’un leader. […] Le chemin qui mène au pouvoir vous éloignera de tout ce qui vous est le plus cher. […] Votre cœur s’est endurci, pensez-vous être à la hauteur d’un tel parcours ? » Tels sont les avertissements qu’Ezekiel reçoit de son mentor dans la finance à Manhattan. Shaolin Fantastic essaye de concilier sa vie de criminel et celle de DJ. Mylene, devenue star du disco, cherche à conjuguer ses obligations professionnelles et familiales opposées et Ezekiel doit choisir entre ses amis et sa carrière universitaire. Chaque protagoniste doit opter soit pour adopter le système, soit pour marcher hors des sentiers battus. « À Manhattan, j’aurai beau avoir un boulot ou aller à Yale, je serai comme une sorte d’orphelin chanceux dont le destin dépendra toujours de son attitude de négro sans histoires et de sa capacité à rester calme, à ignorer ce qu’il pense ou, peut-être même, ce qu’il est ; alors que, derrière le mix, c’est comme si je maîtrisais ma destinée et j’aime ça », affirme Ezekiel.

The Get Down est un hommage à l’indépendance. Le message est clair : croire en soi, travailler avec des gens avec qui on partage des passions, ne jamais renier ses valeurs et ne surtout pas essayer de s’inclure dans un système économique cruel, humiliant et peu efficace ; enfin, ne jamais oublier que la liberté suppose la responsabilité !

The Get Down, un chef-d’œuvre qui ravira les nostalgiques des années disco

 

Coupe afro, disco, rap, breakdance, musique latino, soul, contre-culture… Bienvenue dans le Bronx des années soixante-dix !

« J’essaye de faire du fric, mec », affirme Shaollin Fantastic. Tout un chacun essaie de faire du fric, au départ avec ses passions, puis avec les opportunités du marché : soirées privées avec entrée payante, carrière dans la musique… La jeunesse est très audacieuse, même si l’environnement du crime et du trafic de drogue est défavorable. Poursuivre ses rêves tout en évitant de succomber à l’argent facile est le challenge. Avec toujours le même objectif : sortir du Bronx par tous les moyens.

Le vrai trésor de cette série, c’est la BO, un magnifique bijou ! Nile Rodgers, Garland Jeffreys, Jaden Smith, Leon Bridge, Nasir Jones, également producteur de la série, Donna Summer, Nina Simone, Zayn Malik, Aretha Franklin, Janelle Monáe, Justice Smith, Christina Aguilera… La série vaut d’être vue rien que pour écouter la voix sucrée et voluptueuse de Mylene Cruz (jouée par Herizen Guardiola) !

Avec ses documents d’archives historiques insérés malicieusement dans les scènes, la réalisation typique de Luhrmann et ses montages, les flashbacks, la scénographie, les décors, les costumes, la superposition de performances musicales (un mixage), les séquences d’animation…, The Get Down est un chef-d’œuvre inspiré d’un roman d’Ed Piskor : Hip Hop Family Tree.

Le créateur, Baz Lhurmann (Moulin rouge, Gastby le Magnifique…), aurait eu à sa disposition un budget de cent vingt millions de dollars pour réaliser la première saison, qui a employé de multiples réalisateurs et auteurs. The Get Down est d’ailleurs devenue la série la plus chère de Netflix. Eh bien, cela valait vraiment le coup ! La série est une comédie musicale historique où on assiste en direct à la naissance d’un nouveau genre musical qui a changé le monde : le hip-hop.